Eduardo Rodriguez, président bolivien © LCIDans une Bolivie au bord de la guerre civile, les députés et sénateurs réunis à Sucre, la capitale administrative, ont voté jeudi à l'unanimité en faveur de la démission du président Carlos Mesa et lui ont désigné un remplacement en la personne d'Eduardo Rodriguez, 49 ans, chef de la Cour suprême de justice. "Je suis convaincu que mon mandat a à voir avec une rénovation du système", a déclaré le nouveau président, qui s'est engagé à convoquer des élections anticipées.
Depuis une vingtaine de jours, les partisans de la nationalisation du secteur gazier, en crise, sont dans la rue. Après la mort par balle d'un mineur près de Sucre jeudi, des manifestants s'étaient violemment opposés aux forces de l'ordre près de l'édifice où devait avoir lieu la réunion du Congrès. Les manifestants souhaitaient avant tout empêcher l'accès à la présidence de la République de Vaca Diez, originaire de la riche province orientale de Santa Cruz, qu'ils accusent d'appartenir à la "mafia".
Circonspection
Le leader d'opposition et chef du Mouvement vers le Socialisme (MAS) a indiqué jeudi soir après la désignation du nouveau président que la fin des blocages dépendra des secteurs syndicaux, mais aussi de ce que dira le nouveau président au sujet des "demandes du peuple en faveur d'une assemblée constituante et de la nationalisation des hydrocarbures".
Le gaz, plus grande richesse du pays avec des réserves de 1550 milliards de mètres cubes, est actuellement exploité par les compagnies pétrolières étrangères. Selon les partisans de la nationalisation, c'est la seule solution pour sortir le pays andin de la misère afin de financer une politique d'industrialisation. La Bolivie est l'un des pays les plus pauvres d'Amérique latine avec un produit intérieur brut de 900 dollars par personne.
(Image LCI : Eduardo Rodriguez, prêtant serment jeudi à Sucre)
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