UE : "le processus doit se poursuivre"

le 04 juin 2005 à 16h49 , mis à jour le 06 juin 2005 à 10h17

Jacques Chirac et Gerhard Schröder se sont retrouvés samedi à Berlin pour un premier entretien après la victoire du "non" en France et aux Pays-Bas. Tous deux ont adressé un message aux pays de l'UE qui ne se sont pas encore prononcés sur la Constitution : pas question de stopper le processus de ratification.

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Où en est la ratification ?

Dîner berlinois pour Jacques Chirac. Samedi soir, le chef de l'Etat français s'est offert une visite-éclair dans la capitale allemande, pour un dîner et deux heures d'entretien avec Gerhard Schröder. Au menu :  la crise que traverse l'Europe. La rencontre entre le président français et le chancelier allemand a en effet été consacrée à la nouvelle donne dans l'Union européenne après les deux larges victoires du non en une semaine dans les référendums sur le traité constitutionnel (54,6% en France dimanche et 61,6% aux Pays-Bas mercredi) et à l'avenir de la construction européenne, avant le sommet européen des 16 et 17 juin à Bruxelles.

Mais cette rencontre était aussi destinée à réaffirmer que le couple franco-allemand reste une force au sein de l'UE, alors que le Premier ministre britannique Tony Blair, partisan d'une conception libérale de l'Europe à laquelle Paris et Berlin se sont souvent opposés, va assumer, à partir de juillet, la présidence de l'UE pour six mois.

Prochaine rencontre le 10 juin

Cette visite et ce dîner, auquel seuls les traducteurs étaient conviés, ont été suivis, alors que Jacques Chirac s'apprêtait déjà à rejoindre Paris, par une conférence de presse commune des porte-parole du chef de l'Etat français et du gouvernement allemand. Parlant au nom des deux dirigeants, le porte-parole allemand a indiqué qu'ils s'étaient prononcés tous deux pour la poursuite du processus de ratification de la Constitution européenne. Chaque pays a "le droit et le devoir" de se prononcer sur le traité, a affirmé le porte-parole du gouvernement allemand Bela Anda, en assurant : le processus de ratification "doit se poursuivre". Le président Chirac et le chancelier Schröder ont montré "une profonde unité de vue" aussi bien sur ce qui s'est passé que sur ce qu'il faut faire pour aller de l'avant, a-t-il ajouté.

L'UE "a besoin d'être rassemblée", a renchéri Jérôme Bonnafont, porte-parole de Jacques Chirac. Une grande responsabilité incombera à cet égard à la présidence britannique de l'Union européenne à partir du 1er juillet, a-t-il noté.

Tout au long de la semaine, Gerhard Schröder a tenté de renouer les fils diplomatiques au sein de l'UE : jeudi il s'est rendu à Luxembourg où il s'est entretenu avec le chef du gouvernement luxembourgeois Jean-Claude Juncker, président en exercice de l'UE, et a rencontré dans la soirée à Berlin le Premier ministre irlandais Bertie Ahern. Samedi soir, c'était le tête-à-tête avec Jacques Chirac, qu'il reverra le 10 à Paris avant de revoir une nouvelle fois Jean-Claude Juncker à Luxembourg le même jour. Et le 13 à Berlin, dans une rencontre cruciale, le chancelier s'entretiendra avec Tony Blair.

Photo d'ouverture : Jacques Chirac accueilli à son arrivée à Berlin par le chancelier allemand - DR

le 04 juin 2005 à 16:49
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