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C'est tout sauf une surprise. Depuis le "non" français puis le "nee" néerlandais, le référendum britannique, initialement prévu au printemps 2006, était sur la selette. Tony Blair, sachant son opinion hostile à la Constitution européenne et donc allant droit vers un "no", a donc saisi l'argument de la crise pour suspendre temporairement la consultation. Mais pour éviter que le Royaume-Uni n'apparaisse comme le pays ayant tué un Traité devenu moribond, les mots choisis par Jack Straw, son ministre des Affaires étrangères, ont été soigneusement pesés.
Lors d'une déclaration d'une dizaine de minutes devant la Chambre des communes lundi après-midi, le chef de la diplomatie britannique n'a pas ainsi parlé d'abandon pur et simple. Il a simplement expliqué qu'il avait "renoncé" à fixer une date pour la discussion devant les députés du projet de loi ouvrant la voie au référendum.
Rendez-vous à Bruxelles
Mais il s'est empressé d'indiquer que "si les circonstances changeaient", alors il pourrait représenter ce projet de loi, avant de conclure : "Pour l'instant, il n'y a cependant pas de raison d'agir ainsi". "Tant que les conséquences de l'incapacité de la France et des Pays-Bas à ratifier le Traité constitutionnel ne seront pas clarifiées, il ne serait pas raisonnable à notre avis de fixer une date" note-t-il. Bref, il ne s'agit pas d'un abandon, mais donc d'une "suspension". Jack Straw a ensuite souligné que son pays attendait le Conseil européen des 16 et 17 juin prochains à Bruxelles pour y voir plus clair.
A dix jours de ce Conseil européen et à trois semaines du début de la présidence britannique de l'UE le 1er juillet, la décision de Londres va faire grincer les dents de certains partenaires européens. La plupart se sont en effet prononcés pour la poursuite de la ratification, tout comme le président de la Commission européenne José Manuel Durao Barroso, hostile à toute "décision unilatérale" d'un Etat membre, et Jean-Claude Juncker, le Premier ministre luxembourgeois, président en exercice de l'UE. Lundi après-midi, avant même le discours de Jack Straw, Catherine Colonna, la nouvelle ministre français déléguée aux Affaires européennes, a ainsi affirmé que "la position de la France est, comme celle de l'Allemagne, qu'il est souhaitable que le processus de ratification se poursuive par respect pour les douze pays qui se sont déjà prononcés et aussi par exigence démocratique et par respect de ceux qui souhaitent le faire".
(photo : Jack Straw lors de son discours)
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