© afpLe 25 mai dernier, les Egyptiens devaient dire par référendum s'ils acceptaient un nouveau mode de désignation du président de la République. Largement adopté, l'amendement constitutionnel abolit le système des référendums présidentiels sur un candidat unique choisi par le Parlement.
Désormais, dès la prochaine élection de septembre, il s'agira d'un scrutin à candidatures multiples. Les partis politiques reconnus pourront présenter des candidats. Mais pour les scrutins ultérieurs, ils devront obtenir au préalable 5% des sièges dans les deux chambres du Parlement -condition qu'aucun d'eux ne remplit à l'heure actuelle. Cette réforme a été jugée insuffisante par la majorité des partis de l'opposition.
"Changement et démocratie"
Entamée lors de la campagne pour le référendum, notamment avec des manifestations férocement réprimées, la vague de contestation n'a fait que s'amplifier depuis. Les mouvements pour "le changement et la démocratie" se multiplient dans le pays, notamment parmi les journalistes, les écrivains et les syndicalistes.
A l'instar des magistrats qui réclament la fin de la tutelle du pouvoir exécutif sur le pouvoir judiciaire et des universitaires qui demandent l'indépendance des universités et l'arrêt des interventions de la police dans les campus, ces mouvements affichent tous une même volonté de mettre fin à l'hégémonie de l'Etat.
Intellectuels
Un groupe d'hommes politiques, dirigé par un ancien Premier ministre de Gamal Abdel Nasser, Aziz Sedki, a par exemple annoncé la naissance du "Rassemblement national pour le changement démocratique" (RNCD), qui s'est donné pour tâche de mettre au point une nouvelle constitution pour en finir avec "le despotisme et l'autocratie". Dans la foulée, un groupe de journalistes s'est réuni pour former le mouvement "Journalistes pour le changement", qui souhaite oeuvrer pour "lever la mainmise de l'Etat et de ses services de sécurité sur les journaux publics".
Dimanche, des intellectuels, comme le poète Ahmad Fouad Nejm et le romancier Bahaa Taher, ont annoncé à leur tour la formation du mouvement "Ecrivains pour le changement". Des fonctionnaires et des ouvriers du secteur public ont enfin créé "Ouvriers pour le changement", qui veut oeuvrer à l'établissement de syndicats ouvriers indépendants.
Les Frères musulmans s'invitent
Ces actions ont pour l'instant atteint leur point culminant mercredi soir. Réunis à la lueur des bougies, un millier de personnes ont protesté pacifiquement au Caire devant le mausolée de Saad Zaghloul, qui conduisit la lutte contre l'occupation britannique en 1919. Répondant à l'appel du mouvement pour le changement Kefaya ("Assez !"), elles dénonçaient la violente répression ayant eu lieu au même endroit le 25 mai.
Parmi les manifestants, on pouvait notamment lire "Libérez les Frères musulmans détenus". Des membres de la confrérie islamiste étaient en effet venus se joindre au rassemblement. Bien qu'interdite, l'organisation constitue le groupe d'opposants au régime le plus important. Et pourrait bénéficier de la fronde.
(photo : la manifestation de mercredi soir au Caire)
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