© DRIl fut l'une des personnalités de l'ex-régime irakien les plus connues à l'étranger. L'ancien vice-Premier ministre irakien Tarek Aziz a affirmé que le président déchu Saddam Hussein avait décidé seul l'écrasement de l'insurrection chiite de 1991. C'est ce que révèle l'enregistrement de son interrogatoire rendu public lundi.
Tarek Aziz sauvé par le président irakien
Jalal Talabani, dont le mandat court jusqu'en 2014, a indiqué qu'il ne signerait pas l'ordre d'exécution de l'ancien vice-Premier ministre de Saddam Hussein, condamné à mort le 26 octobre dernier.
Publié le 17/11/2010
Irak : peine de mort pour Tarek Aziz
Déjà condamné à de la prison à deux reprises, l'ancien représentant de Saddam Hussein à l'étranger était jugé une nouvelle fois pour avoir participé à l'élimination des partis religieux.
Publié le 26/10/2010
Tarek Aziz a affirmé que, dans ces domaines, le président jouissait d'un pouvoir absolu et que les 10 membres du Conseil de Commandement de la Révolution (CCR), la plus haute instance du pouvoir, n'avaient pas leur mot à dire. "Dans les années 1980, je ne me rappelle pas quand exactement, un ordre a été émis donnant au président le droit de publier des décrets ayant force de loi sans avoir à consulter ou discuter ses décisions avec les membres du CCR", a-t-il déclaré au juge. "Qui a émis cet ordre?", a demandé le juge du Tribunal spécial irakien (TSI), la cour chargée de juger Saddam Hussein et les hauts dignitaires de l'ancien régime. "Le président lui-même", a répondu l'inculpé.
"J'ignore ce qu'ils ont fait"
Tarek Aziz était interrogé le 21 juin sur les positions qu'il occupait en mars 1991 quand des milliers de chiites ont été tués dans le sud de l'Irak après un soulèvement contre le régime baassiste après la première guerre du Golfe. "J'étais ministre des Affaires étrangères", a-t-il dit. "N'étiez-vous pas aussi vice-Premier ministre et membre du CCR et du commandement régional du parti Baas?", lui a demandé le magistrat. "Oui", a répondu M. Aziz, vêtu d'une combinaison-pantalon banche.
A la question de savoir s'il avait été notifié, en tant que membre du CCR, du décret de 1991 donnant aux commandements régionaux du parti Baas le pouvoir "de pardonner ou de punir", il a répondu: "Cela ne faisait pas partie de mon domaine en tant que ministre des Affaires étrangères".
Après avoir été pressé par le juge, il a dit: "J'ai entendu dire que certains membres du commandement régional se sont rendus dans les zones rebelles du sud, mais j'ignore ce qu'ils ont fait. Il ne rapportaient pas à moi car j'étais ministre des Affaires étrangères".
(Tarek Aziz lors de son interrogatoire/DR)
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