Gerhard Schröder rappelant la "responsabilité morale constante" du peuple allemand face au nazisme © DRDéclarations diplomatiques et ambiance tendue. Gerhard Schröder a appelé lundi les Européens à "dépasser leurs égoïsmes nationaux", en recevant à dîner Tony Blair à Berlin sur fond de désaccords dans les négociations sur le budget de l'Union européenne. Il a précisé que l'Allemagne voulait un "compromis équitable" sur la question du budget pour la période 2007-2013, lors d'un point de presse commun avant leur dîner de travail. "Je suis prêt à discuter de tout avec tout le monde mais cela doit être sur une base qui permette de fixer une direction à l'Europe et de lui donner une chance réaliste de réconcilier les gens avec les institutions", a affirmé de son côté Tony Blair, qui avait reçu peu auparavant à l'ambassade du Royaume-Uni Angela Merkel, dirigeante de l'opposition conservatrice et candidate à la chancellerie aux élections anticipées de septembre... donnée gagnante dans tous les sondages pour remplacer Gerhard Schröder.
Le dirigeant britannique avait déjà jeté de l'huile sur le feu plus tôt dans la journée à Moscou en prévenant qu'il serait "diplomate, mais ferme" pour défendre le rabais britannique obtenu en 1984 par le premier ministre britannique de l'époque, Margaret Thatcher. Face à Jacques Chirac qu'il rencontrera mardi et qui réclame avec les autres dirigeants de l'Union une révision du rabais, Tony Blair a contre-attaqué en demandant des changements fondamentaux dans les dépenses agricoles de l'UE, dont la France est un grand bénéficiaire et sur lesquelles le président français a exclu de "transiger".
Schröder exclut une renégociation du compromis agricole
Lundi soir, Gerhard Schröder a d'entrée de jeu exclu une renégociation du compromis agricole de 2002, qui a été selon lui conclu "explicitement comme une partie des perspectives financières de l'UE de 2007 à 2013", acceptée à l'époque à l'unanimité. "Nous nous sentons liés" à cet accord, a précisé le chancelier, apportant ainsi un soutien explicite à la position française. L'Allemagne est cependant "prête" à faire un effort, avait précisé plus tôt son porte-parole Bela Anda. A en croire le journal dominical Welt am Sonntag, Berlin serait prêt à accroître sa contribution annuelle à l'UE de près d'un demi-milliard d'euros en vue de parvenir à un compromis sur les finances.
Gerhard Schröder et Tony Blair devaient également s'entretenir de la Constitution européenne, autre thème qui sera abordé lors du sommet européen de Bruxelles jeudi et vendredi, sur lequel Londres est en désaccord flagrant avec Berlin et Paris, après les rejets du Traité aux référendums français et néerlandais. Le gouvernement britannique, qui a gelé son référendum, plaide pour une "période de réflexion" sur l'avenir de la Constitution européenne, tandis que le chancelier Schröder et le président Chirac avaient appelé lors d'une récente rencontre à Berlin à poursuivre le processus de ratification. "Ce que nous avons à faire, c'est de faire en sorte que les gens en Europe comprennent le contexte politique dans lequel nous leur demandons de prendre ces décisions sur la Constitution", a souligné Tony Blair à Berlin.
La prochaine étape de la tournée européenne de Tony Blair, dont le pays assurera la présidence semestrielle de l'UE à compter du 1er juillet, est Paris où il rencontrera mardi le président Chirac.
Photo d'ouverture : Tony Blair - archives
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