Ahmadinejad en campagne (LCI) © LCIL'ultra-conservateur Mahmoud Ahmadinejad, élu à la présidence iranienne, a promis samedi l'instauration d'une "société islamique exemplaire, développée et puissante". Quasiment inconnu avant de devenir maire de Téhéran en 2003, l'homme âgé de 49 ans a causé la sensation en recueillant près de 62% des voix des Iraniens. Il est le premier laïc à devenir chef de l'exécutif depuis les deux brèves présidences de l'après-Révolution entre 1979 et 1981. Mais, au lieu de la modération prônée par Rafsandjani, il pourrait incarner un Iran sur la voie de la radicalisation.
Samedi Ahmadinejad a eu le triomphe discret, se contentant de quelques apparitions télévisées au cours desquelles il a remercié les électeurs et tendus la main à ses adversaires politiques. Ses adversaires iraniens, bien entendu, car à l'égard des étrangers, Ahmadinejad a de suite renoué avec le ton ferme. Ainsi, l'homme a déjà assuré qu'il favoriserait les compagnies pétrolières nationales dans l'attribution de contrats.
Arme nucléaire
Mais c'est surtout sur l'avenir du programme d'armement nucléaire de l'Iran que les Occidentaux attendent une prise de position. Samedi en début de soirée, le nouveau président - il prendra ses fonctions en août - s'est gardé de toute annonce.
Le ministre britannique des Affaires étrangères, Jack Straw, a réclamé des "mesures rapides pour répondre aux craintes de la communauté internationale concernant son programme nucléaire, sa politique vis-à-vis du terrorisme, des droits de l'Homme et du processus de paix au Proche-Orient".
"déphasé"
Son homologue français, Philippe Douste-Blazy, a lui aussi insisté sur le souhait européen que l'Iran renonce à l'enrichissement d'uranium. Un porte-parole du haut représentant pour la politique étrangère de l'UE Javier Solana a déclaré que l'Union européenne était "prête à travailler avec tout gouvernement" iranien ouvert à des progrès sur les droits de l'homme, le nucléaire et ses autres préoccupations.
Washington s'est focalisé sur le déroulement du scrutin. La porte-parole du département d'Etat, Joanne Moore, a estimé que la consultation, entachée par les accusations "d'énormes fraudes" de la part des réformateurs, a montré un Iran "déphasé par rapport au reste de la région et aux tendances actuelles vers la liberté si visibles en Irak, en Afghanistan et au Liban". La Maison Blanche a exprimé son soutien envers "ceux qui appellent à plus de liberté pour le peuple iranien".
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