© lciA quelques jours de prendre son tour à la présidence de l'Union européenne, le Premier ministre britannique a établi dans les grandes lignes les priorités des six mois à venir pour l'Union européenne, jeudi devant l'Europarlement dans la capitale belge. Accusé d'avoir fait capoter le sommet budgétaire de Bruxelles en fin de semaine dernière, Tony Blair a une nouvelle fois tenté de démontrer qu'il ne s'agissait pas d'un simple problème comptable et s'est lancé dans un vibrant plaidoyer pour l'Union. "Je suis et j'ai toujours été un pro-européen passionné", a-t-il lancé.
"Aujourd'hui presque 50 ans après, il nous faut nous renouveler, ce qui n'a rien de honteux. Toutes les institutions doivent passer par là et nous pouvons le faire, à condition seulement de marier les idéaux européens en lesquels nous croyons avec le monde moderne dans lequel nous vivons", a déclaré l'orateur. "Ayons le courage de mener le débat", a-t-il ajouté, en appelant à un "échange ouvert et franc" qui "ne soit pas conduit par des échanges d'insultes".
Pique contre la PAC
Pour le Britannique, le renouveau passe par une réforme de la PAC, une proposition qui avait fait se cabrer la France au sommet de Bruxelles. "Je n'ai jamais dit que je voulais changer la PAC maintenant ou la renégocier en une nuit", s'est défendu le Premier ministre, avant d'asséner : "Un budget moderne n'est pas celui qui, dans dix ans, consacrera 40% de ses dépenses à l'agriculture".
Taxé d'ultra-libéral par ses adversaires, Tony Blair a refusé un débat en ces termes. "La question n'est pas entre (…) ceux qui veulent revenir à un marché commun et ceux qui envisagent l'Europe comme un projet politique". "C'est juste une déformation de la réalité, cela revient à intimider ceux qui veulent changer l'Europe que de présenter ce désir de changement comme une trahison de l'idéal européen".
Un accord sur Bolkestein
Refusant d'analyser l'enlisement comme un simple crise institutionnelle, mais y voyant plutôt "une alerte des peuples", le numéro 1 britannique reconnaît que l'Union a "besoin d'une Europe sociale, mais d'une Europe sociale qui marche". Ainsi, précise-t-il, "la protection du travail ne doit pas se faire au détriment de ceux qui cherchent du travail." Le Britannique s'est encore engagé à obtenir un accord sur la directive Bolkestein sur la libéralisation des services.
Enfin Tony Blair a assuré que l'UE ne doit pas considérer son élargissement "comme une menace, comme si le fait de devenir membre était un jeu à sommes nulles dans lequel les anciens membres perdraient et les nouveaux gagneraient, mais comme une opportunité extraordinaire et historique pour construire une Union plus puissante et plus forte".
(Image LCI : Le Premier ministre britannique jeudi devant l'Europarlement)
"Le sens du compromis" pour Paris |
Réagissant au discours de Tony Blair, Philippe Douste-Blazy a insisté sur la nécessité pour le Royaume-Uni de faire preuve d'un "sens du compromis" lors de sa présidence de l'UE. "Dès l'instant où on a la présidence d'une grande réunion comme celle-là, il faut qu'il y ait le sens du compromis, le sens des réalités, mettre un peu d'eau dans son vin" a expliqué le ministre des Affaires étrangères. Il s'est à cet égard réjoui du ton consensuel adopté par le Premier ministre britannique devant le parlement européen, soulignant que Tony Blair avait "démenti vouloir changer la politique agricole commune". Il a également semblé vouloir jouer l'apaisement, avant la présidence britannique. "Jamais la France ne jouera négatif vis à vis de l'Union européenne, sous présidence britannique ou sous une autre présidence" a-t-il déclaré. |
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