
C'est une bonne nouvelle pour l'Europe, qui en a bien besoin au vu de la crise dans laquelle l'ont plongée les votes français et néerlandais. Les Suisses ont dit "oui" dimanche aux accords de Schengen-Dublin. Ce referendum sur la participation à l'Europe sans frontières intervenait quelques jours seulement après les deux scrutins rejetant le traité constitutionnel européen en France et aux Pays-Bas, ce qui avait fait craindre possibilité d'un effet d'entraînement. Il n'en est rien puisque les Suisses ont dit oui à 54,6%. Tous les cantons de Suisse romande ont dit oui, contre une minorité en Suisse alémanique. La participation, avec près de 56%, a été supérieure à la moyenne des référendums nationaux en Suisse ces dernières années.
Schengen supprime les contrôles systématiques des personnes aux frontières (sauf aux aéroports), en échange d'une coopération policière et judiciaire renforcée. Les accords de Dublin prévoient qu'un demandeur d'asile refoulé par l'un des pays membres ne peut déposer de demande dans un autre Etat, ce qui élimine 20% des demandes faites en Suisse. L'espace Schengen, mis en place en 1995, comprend pour l'instant 13 pays membres de l'UE (la Grande-Bretagne et l'Irlande font partie des 12 pays de l'UE qui n'appartiennent pas à l'espace Schengen), plus la Norvège et l'Islande. Schengen et Dublin font partie des accords bilatéraux signés l'an dernier par la Suisse avec l'Union européenne, dont elle ne fait pas partie. Le dernier sondage, publié le 25 mai, donnait 55% au "oui" mais avec une nette remontée du "non" (35%).
Parallèlement, les Suisses se sont prononcés dimanche sur un projet de "partenariat enregistré" pour couples homosexuels, approuvé il y a un an par le parlement helvétique. Ce "pacs" a été approuvé par 58% des votants dimanche. Il donne aux deux partenaires une reconnaissance juridique mais leur interdit d'adopter un enfant ou de recourir à la procréation médicalement assistée.
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