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Abandon pur et simple du référendum britannique ou gel ? La différence est de taille. Le premier choix signifierait la fin pure et simple du projet de Constitution européenne. Le second permettrait dans un premier temps de continuer le processus de ratification, et éviterait à Tony Blair de passer pour le fossoyeur du Traité.
Pour mettre la pression sur Londres, le président de la Commission européenne, José Manuel Durao Barroso, a renouvelé jeudi son appel, implicitement destiné au Royaume Uni, contre toute "décision unilatérale" d'un Etat membre de l'UE de suspendre la ratification de la Constitution après le non franco-néerlandais. "Je demande aux responsables politiques de faire preuve de capacité de responsabilité, de faire preuve de prudence. Ce n'est pas la première fois que l'Europe a un problème, ce ne sera pas la dernière", a-t-il déclaré à l'issue d'une rencontre avec les chefs de groupe du Parlement européen à Bruxelles.
"Faire une pause"
Pour l'instant, il semble que le Premier ministre britannique penche pour une suspension temporaire. Selon des sources gouvernementales, Jack Straw, son ministre des Affaires étrangères, va en effet retirer lundi de l'ordre du jour des Communes le projet de loi devant organiser le scrutin, prévu initialement au printemps 2006. Mais le ministre des Affaires européennes, Douglas Alexander, a néanmoins précisé que son pays "est très clair sur la nécessité de respecter les opinions publiques et de respecter ce qui s'est passé cette semaine. "Le Traité a été signé par 25 nations, ce n'est pas à une de le déclarer mort" a-t-il ajouté, avant de conclure : "Il convient de faire une pause et réfléchir".
Objectif de Londres, qui prendra la présidence tournante de l'UE le 1er juillet prochain : "engager une discussion de fond" avec ses partenaires, avant même le sommet de Bruxelles les 16 et 17 juin. Douglas Alexander a ainsi de nouveau esquissé la ligne de fracture entre les vues libérales du gouvernement Blair et celles du duo franco-allemand Chirac-Schröder. Les deux hommes doivent d'ailleurs se retrouver samedi à Berlin pour analyser la situation.
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(photo d'archives : Tony Blair)
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