
La coalition des mouvements chiites Amal et Hezbollah, alliés de Damas, a remporté sans coup férir la deuxième étape des législatives libanaises qui s'est tenue dimanche dans le sud du pays. Selon les résultats officiels annoncés lundi à la mi-journée par le ministre libanais de l'Intérieur, elle a remporté la totalité des 23 sièges. Les deux mouvements chiites ont raflé les 14 sièges dévolus à leur communauté, et leurs alliés pro-syriens, 5 chrétiens, 3 sunnites et un druze, ont obtenu les 9 sièges restants.
Le tandem Hezbollah-Amal a fait campagne sous le bannière "Résistance, libération et développement" dans cette région frontalière d'Israël, dont une partie a été occupée par l'Etat hébreu pendant 22 ans (1978-2000). Cette région est sporadiquement le théâtre de duels d'artillerie entre les combattants du Hezbollah et l'armée israélienne.
36 candidats pour 23 sièges
"Ces élections sont un référendum à travers lequel le peuple dit aux Américains qu'il veut protéger la résistance (anti-israélienne) contre la 1559", la résolution de l'Onu qui exige le désarmement du Hezbollah, a déclaré à des journalistes le responsable du Hezbollah pour le Liban sud, cheikh Nabil Qaouq. Dans certaines localités du sud, les partisans du Hezbollah avaient érigé des effigies de la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, portant des lunettes sur lesquelles étaient imprimées l'étoile de David et une urne.
Signe de l'absence de compétition pour ce scrutin, seuls 36 candidats se sont disputés les 23 sièges dévolus au Liban sud au sein du Parlement de 128 membres. Le chef de la mission de l'Union européenne (UE) pour l'observation des législatives, l'eurodéputé conservateur espagnol José Ignacio Salafranca, a jugé que "les élections au Liban sud se sont déroulées de manière satisfaisante".
Les législatives ont débuté le 29 mai à Beyrouth, où le scrutin a consacré la victoire du Courant du futur de Saad Hariri, fils de l'ancien Premier ministre assassiné Rafic Hariri. Les élections de ce dimanche intervenaient trois jours après l'assassinat à Beyrouth du journaliste libanais Samir Kassir, connu pour ses articles virulents contre le régime syrien, dont le meurtre a été attribué par l'opposition libanaise à la Syrie et à ses alliés au Liban.
Photo d'ouverture : dans un bureau de vote au Liban sud - DR
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