Afrique et climat au programme du G8

Par F.A., avec AFP, le 06 juillet 2005 à 15h56 , mis à jour le 06 juillet 2005 à 16h32

Sous la pression d'une opinion publique sensibilisée au problème africain avec le Live 8, les dirigeants des pays du G8 se retrouvent en Ecosse jusqu'à vendredi. Avec le changement climatique, la dette du continent noir sera le principal point abordé.

soudan darfour réfugié enfant © INTERNE

Avant même sa tenue, le sommet du G8 a connu une publicité inédite avec les 10 méga-concerts du Live 8, formidable tribune planétaire qui a rappelé aux chefs d'Etat et de gouvernement des pays les plus riches (Royaume-Uni, France, Etats-Unis, Japon, Allemagne, Italie, Canada) et de la Russie que l'opinion voulait des résultats dans la lutte contre la pauvreté.

Benoît XVI leur a aussi demandé des "mesures concrètes pour éradiquer la pauvreté" en Afrique, tandis qu'à l'appel de "Make poverty History", collectif de centaines d'ONG, associations caritatives ou groupes religieux, plus de 200 000 manifestants ont fait de même samedi dans les rues d'Edimbourg, du jamais vu dans la capitale écossaise.

Comment aider l'Afrique ?

Tony Blair, qui préside cette année le G8, s'est d'ailleurs fixé un agenda qu'il reconnaît lui même ambitieux, avec deux objectifs principaux, la lutte contre la pauvreté en Afrique et celle contre le réchauffement climatique. Dans cette optique, sept chefs d'Etat ou de gouvernement africains (Afrique du sud, Nigeria, Ethiopie, Tanzanie, Ghana, Sénégal et Algérie), et cinq de pays émergents (Chine, Mexique, Brésil, Inde, et à nouveau Afrique du sud) seront présents à Gleneagles.

La question africaine sera abordée vendredi, en clôture du sommet. Le Royaume-Uni a déjà obtenu l'accord de ses partenaires sur l'annulation de la dette des Etats les plus pauvres et sur le rééchelonnement des obligations d'un second cercle de pays. Les Etats-Unis mènent cependant la contestation contre un plan plus ambitieux encore, qui doublerait à 100 milliards de dollars l'aide publique pourvu qu'elle soit consacrée au développement.

Avis de tempête sur le climat

La deuxième priorité de Tony Blair est d'obtenir un accord sur des mesures susceptibles de réduire l'émission des gaz à effet de serre, après l'entrée en vigueur du protocole de Kyoto dont l'application s'arrête en 2012. George Bush, qui a retiré en 2001 son pays d'un processus jugé trop coûteux, continue à douter ouvertement de l'utilité de mesures contraignantes. Il a même estimé lundi soir que Kyoto était un "accord pourri" pour l'économie américaine. Il a néanmoins reconnu mercredi qu'il existait un lien entre le réchauffement climatique et l'activité humaine. Ce sujet, programmé jeudi, s'annonce comme le plus tendu.

Les autres thèmes concerneront l'économie internationale (jeudi) et la politique étrangère (jeudi après-midi), avec notamment la situation au Proche-Orient.

Incidents entre police et anarchistes


Malgré un dispositif de sécurité impressionnant, des heurts ont opposé mercredi matin des militants anarchistes et altermondialistes à la police en Ecosse, à une trentaine de kilomètres de Gleneagles.

Au total, environ 10 600 policiers sont impliqués pour l'"Opération Sorbier", dont 6 000 venus en renfort d'Angleterre et du Pays de Galles. Ils disposent de 2 500 véhicules et d'une soixantaine de chevaux. Dans le ciel classé en zone d'exclusion aérienne, des hélicoptères apportent un soutien tactique aux forces de l'ordre, tandis que des caméras à infra-rouge équipent une montgolfière en vol stationnaire. Des "dizaines" d'autres caméras ont été placées dans autant de points.

(photo d'archives : un réfugié au Darfour)

Par F.A., avec AFP le 06 juillet 2005 à 15:56
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2 Commentaires

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  • Bernard, le 06/07/2005 à 12h32

    Lever le secret bancaire ? Nos amis Suisses, Monégasques, Luxembourgeois, n'aiment pas ! En plus, s'il est vrai que certains Africains sont colossalement riches, ça ne veut pas dire nécessairement qu'ils ont été malhonnêtes. Le problème majeur de l'Afrique c'est le manque de "bonne gouvernance", comme on dit aujourd'hui.

  • Arnaud Dubois, le 06/07/2005 à 11h09

    La première solution pour rendre l'aide financière de l'Afrique efficace est de lever le secrets bancaires sur les comptes en banque des dirigeants africains depuis 1958 à aujourd'hui. Vous savez, il y aura une marne financière suffisante pour faire regresser la famine d'ici deux ans. En plus c'est la meilleure façon pour décourager les actuels détourneurs de fonds. Mais je suis d'accord qu'il faut parer au plus presséet débloquer une aide financière importante. Arnaud, Paris

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