Il y a 20 ans, le Rainbow Warrior...

le 09 juillet 2005 à 15h55 , mis à jour le 09 juillet 2005 à 17h17

Il y a vingt ans, les services secrets français coulaient le Rainbow Warrior. Aujourd'hui, Greenpeace a pris du champ par rapport au dossier nucléaire pour se mobiliser sur la question du changement climatique.

Greenpeace Rainbow warrior paquebot © DR

Le monde a "considérablement changé". En 1985, Steve Sawyer était responsable de la campagne anti-nucléaire pour Greenpeace. Dans la nuit du 9 au 10 juillet 1985, lorsque les services secrets français font sauter le Rainbow Warrior dans le port d'Auckland, pour l'empêcher de rejoindre le site des essais nucléaires français dans le Pacifique, Steve Sawyer fête son anniversaire en ville. Il découvre le drame à son retour : le photographe de l'équipe, Fernando Pereira, descendu dans sa cabine chercher son équipement et ses photos, est retrouvé mort noyé.

20 ans après, Steve Sawyer est devenu le numéro 1 de la lutte contre le changement climatique. Il porte plus souvent le costume dans les conférences internationales que le short de l'"activiste" de terrain. Dimanche, il sera de retour dans le Pacifique, pour commémorer l'événement à Matauri Bay, où le Rainbow Warrior repose au fond des eaux. "Je me sens évidemment triste quand je parle à la fille de Fernando, ou quand je pense à cette sorte d'idéalisme qui nous portait", raconte-t-il. C'est très difficile d'expliquer tout cela aujourd'hui, surtout aux jeunes", reconnaît S. Sawyer, qui rappelle le climat de guerre froide de l'époque, "avec 25.000 têtes nucléaires prêtes à partir".

Reflux

Sur le coup, l'attentat contre le Rainbow Warrior a suscité une immense sympathie. Le nombre d'adhérents explose, de 1 million à 4,8 millions de membres en 5 ans. Aujourd'hui c'est plutôt le reflux (2,7 millions de membres), surtout aux Etats-Unis, où Greenpeace ne compte plus que 300.000 militants, contre 1,8 millions en 1990.

Désormais, c'est en Asie que Greenpeace ouvre des bureaux : Inde, Chine, Philippines, Indonésie. L'Europe reste un port d'attache (le siège est à Amsterdam)". En France, Greenpeace revient de loin: accusée lors du sabotage du Rainbow Warrior de "l'avoir bien cherché", voire d'être infiltrée par des agents de l'Est, l'association a fermé son bureau de 1987 à 1989. L'association a remonté la pente et compte 86.000 membres français.

Mitterrand avait donné son feu vert

Le Monde publie des extraits "d'un document daté du 8 avril 1986, long de 23 pages, rédigé à la main" par l'amiral Pierre Lacoste. L'ancien chef de la DGSE raconte son entrevue le 15 mai 1985, à 18 heures, avec François Mitterrand à l'Elysée. "J'ai demandé au président s'il m'autorisait à mettre en oeuvre le projet de neutralisation que j'avais étudié à la demande de M. Hernu (le ministre de la Défense). Il m'a donné son accord en manifestant l'importance qu'il attachait aux essais nucléaires", écrit l'amiral Lacoste avant d'ajouter : "Je ne suis pas alors entré dans un plus grand détail du projet, l'autorisation était suffisamment explicite".

photo : L'épave du paquebot le Rainbow Warrior coulé
dans le port d'Auckland dans la nuit 9 au 10 juillet 1985.

le 09 juillet 2005 à 15:55
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