Attentats de Londres : nouvelle arrestation en Italie

le 31 juillet 2005 à 17h17 , mis à jour le 31 juillet 2005 à 17h28

La police italienne a arrêté dimanche un deuxième frère de l'homme interpellé vendredi à Rome et suspecté dans les attentats du 21 juillet à Londres. L'enquête se concentre sur les communautés provenant de la Corne de l'Afrique.

carabinieri carabiniers gendarmes Italie Rome (LCI) © LCI

Fati Issac, deuxième frère de Hamdi Issac, alias Osman Hussain, l'homme soupçonné d'avoir voulu faire exploser une bombe à la station de métro Shepherd's Bush à Londres, a été interpellé dimanche par la police antiterroriste italienne (DIGOS) à Brescia. Fati est soupçonné d'avoir caché ou détruit des documents considérés comme importants par le parquet et les enquêteurs de cette ville. Il a été contacté par son frère Hamdi au cours de sa fuite.

Hamdi avait quitté Londres le 26 juillet puis traversé la France et l'Italie en train avant d'arriver à Rome. La police italienne suivait le suspect pratiquement pas à pas, les enquêteurs disposant du numéro de son téléphone portable grâce à la collaboration avec Scotland Yard. Hamdi Issac a effectué de nombreux appels téléphoniques avec cet appareil, essentiellement vers des citoyens originaires de la Corne de l'Afrique, et la police italienne a perquisitionné les domiciles de toutes les personnes contactées par le fugitif.

L'arrestation de Fati Issac intervient après celles, vendredi, de ses deux frères à Rome, le premier, Hamdi, soupçonné d'être un des poseurs de bombes de Londres, le second, Remzi, pour avoir accueilli son frère recherché et pour détention de documents contrefaits dans son magasin à Rome. L'enquête sur l'auteur présumé des attentats de Londres, d'origine éthiopienne, a permis d'établir l'existence d'un dense réseau de personnes originaires de la Corne de l'Afrique qui ont aidé l'homme dans sa fuite, a affirmé samedi le ministre de l'Intérieur Giuseppe Pisanu. "Nous suivons avec une grande attention l'évolution de la situation générale dans la Corne de l'Afrique, où dans des zones sans présence de l'Etat, Al-Qaïda est arrivé, s'est installé et d'où il tente, par des moyens divers, d'envoyer ses adeptes en Europe et dans le reste du monde", a déclaré le ministre.

En attendant une décision sur la demande d'extradition...

La justice italienne a pour sa part confirmé dimanche le maintien de Hamdi Issac en prison dans l'attente d'une décision sur son éventuelle extradition vers la Grande-Bretagne, réclamée par Londres mais à laquelle l'intéressé est opposé. Lundi, un magistrat interrogera le jeune Ethiopien dans la prison pour confirmer une seconde fois son arrestation. Le suspect est incarcéré à Rome pour deux raisons. Il y a d'une part le mandat d'arrêt européen émis à son encontre par la justice britannique, accompagné d'une demande d'extradition, et d'autre part la justice italienne le soupçonne de "terrorisme international", un nouveau délit introduit dans le code pénal après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. L'audience de lundi doit confirmer son incarcération sur la base de la seconde accusation.

La préfecture de police de Rome a indiqué que les interrogatoires se déroulaient en italien, sans interprète, le jeune homme ayant vécu pendant des années dans la banlieue romaine. Selon la préfecture, Hamdi et son frère aîné Remzi ont vécu de 1992 à 1996 dans la commune de Colleferro, dans la banlieue de Rome, et le plus jeune a fréquenté un lycée italien après leur fuite de l'Ethiopie. En 1996, leurs chemins se sont séparés, et Hamdi est parti en Angleterre où il s'est installé sous un faux nom, Osman Hussain, tandis que son frère rejoignait la capitale italienne.

Photo d'ouverture : "carabinieri" de la police italienne - DR

le 31 juillet 2005 à 17:17
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