© DRDe l'aveu de Scotland Yard, l'enquête sur les attentats de Londres a un "lien avec le Pakistan et d'autres pays". Selon des responsables pakistanais, Mohammed Sidique Khan, 30 ans, et Shehzad Tanweer, 22 ans, sont d'ailleurs venus ensemble au Pakistan en novembre 2004, en arrivant à l'aéroport de Karachi, et sont rentrés en Grande-Bretagne début février. Hasib Hussain, 18 ans, était quand à lui venu séparément l'an dernier, également à Karachi.
L'enquête sur les actions terroristes du 7 juillet qui ont fait 55 morts et 700 blessés, a vraiement pris une dimension internationale avec l'arrestation de Magdi Nashar. Cet Egyptien de 33 ans interpellé et interrogé au Caire pour une éventuelle implication, n'a "aucun lien avec le réseau terroriste d'al-Qaïda", selon le ministre égyptien de l'Intérieur. Magdi Nashar nie "toute implication".
La chaîne américaine de télévision ABC avait été la première à annoncer cette arrestation, précisant que M. Nashar était le "chimiste" responsable de la fabrication des bombes utilisées lors des attentats du 7 juillet, et qu'il avait quitté la Grande-Bretagne deux semaines avant ces attaques. Selon les médias britanniques, il était étudiant et maître-assistant en chimie à l'université de Leeds où habitaient trois des kamikazes ayant commis les attentats.
Triacétone tripéroxide
Le New York Times affirmait vendredi que les enquêteurs tentent de déterminer si les quatre kamikazes avaient eu des contacts avec huit Britanniques d'origine pakistanaise arrêtés en 2004 dans le cadre d'un vaste coup de filet antiterroriste dans le sud de l'Angleterre. Selon des proches, au moins deux des poseurs de bombes ont séjourné au Pakistan.
Trois des kamikazes, dont Ian Blair a confirmé vendredi qu'ils étaient tous morts dans les attentats, étaient des Britanniques d'origine pakistanaise. Le quatrième auteur des attentats, également britannique, était d'origine jamaïcaine, identifié selon les sources comme Lindsay Germaine ou Lindsey Germail.
Les quatre poseurs de bombes étaient munis d'un explosif de type artisanal, et non militaire, comme la police le croyait dans un premier temps, selon la BBC. Cette information a été qualifiée vendredi de "description plutôt correcte des faits" par Ian Blair. Cet explosif, du TATP (triacétone tripéroxide), avait été utilisé par Richard Reid, le Britannique qui avait tenté de faire exploser ses chaussures bourrées d'explosif à bord d'un vol American Airlines reliant Paris à Miami, le 22 décembre 2001. Cette information renforce l'hypothèse d'une opération liée à Al-Qaïda.
Le "contre-terrorisme"
Reste à répondre aux questions essentielles dans la course contre la montre que les policiers mènent, craignant de nouveaux attentats. "Nous cherchons qui les a encouragés, qui les a formés, qui est l'artificier, qui est le banquier", a expliqué le chef de Scotland Yard.
Vendredi, en se rendant dans une grande mosquée de la capitale, Ian Blair a par ailleurs appelé la communauté musulmane de Grande-Bretagne à s'engager dans le "contre-terrorisme". Le moment est venu pour "les communautés musulmanes, aidées par toutes les bonnes volontés, de passer de la situation actuelle de choc et d'incrédulité à un engagement actif dans le contre-terrorisme", a-t-il déclaré.
Tout en poursuivant l'enquête, les autorités britanniques s'interrogent aussi sur les moyens de prévenir la radicalisation des musulmans présents sur leur sol. Vendredi, le gouvernement britannique a annoncé qu'il voulait requalifier en délit le fait de "fournir ou recevoir une formation à l'utilisation de produits dangereux".La secrétaire d'Etat à l'Intérieur Hazel Blears a aussi confirmé des projets visant à renforcer le délit "d'actes préparatoires au terrorisme", ainsi qu'un autre contre les personnes incitant indirectement au terrorisme.
(Photo L'Egyptien Magdi Nashar/DR)
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