© INTERNEC'est la seconde fois que Tony Blair préside aux destinées de l'Europe. Sa première présidence, au premier semestre de 1998, a laissé un souvenir mitigé. La deuxième, qui a débuté ce vendredi 1er juillet, apparaît particulièrement difficile, dans une Europe déchirée, en panne de Constitution depuis les non aux référendums français et néerlandais, et incapable de s'entendre sur ses priorités budgétaires pour l'exercice 2007-2013.
Tony Blair se rêve l'homme d'une Europe modernisée pour relever les défis économiques de la mondialisation, d'une Europe politique mais aussi sociale, capable de se réconcilier avec ses citoyens. Lors de son discours de présentation devant le parlement européen le 23 juin, il a appelé à un grand débat sur l'avenir des 25, et s'est dit passionnément Européen. Ce vendredi, lors d'une conférence de presse à laquelle assistait le président de la commission européenne, José Manuel Durao Barroso, il s'est dit prêt à faire de son mieux pour parvenir à un accord sur le budget européen, tout en ignorant si un tel accord sera possible. Il a par ailleurs annoncé la tenue d'un "sommet informel" à l'automne à Londres pour permettre aux dirigeants européens de débattre de l'avenir de l'Europe. Avant la tenue de ce sommet, a-t-il précisé, la commission européenne sera chargée de préparer un dossier sur la "viabilité du modèle social en Europe, dans le cadre des changements en cours autour de nous".
Trois dossiers lourds
Des trois dossiers lourds et médiatiques dont il hérite - l'avenir de la Constitution, le prochain budget et l'élargissement - aucun ne semble pouvoir aboutir rapidement à un consensus. Sur le premier, il est déjà acquis que rien ne se fera dans les six mois, les dirigeants européens ayant repoussé lors du sommet des 16 et 17 juin toute décision rapide.
Sur le deuxième, le conflit qui oppose Tony Blair à la France sur la politique agricole commune (PAC) et le rabais britannique, rend tout compromis improbable à court terme. Lundi, le ministre français des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy a encore dénoncé depuis Varsovie "une crise financière due au refus des Anglais de prendre leur quote-part dans le coût financier de l'élargissement" de l'UE. Tony Blair a de son côté répété qu'il ne céderait rien sur le rabais britannique "tant que les raisons (de ce rabais, à savoir la PAC) ne changeraient pas".
Enfin, selon les experts, les discussions sur l'élargissement, notamment à la Turquie, ne semblent pas mieux parties, notamment en raison du changement attendu au pouvoir en Allemagne, où Angela Merkel, hostile à cet élargissement, devrait succéder en septembre au chancelier Gerhard Schröder.
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