© DRQuatre hommes ont été arrêtés mercredi matin dans deux endroits de Birmingham, en Angleterre, dans le cadre de l'enquête sur les attentats à la bombe manqués du 21 juillet à Londres. Yasin Hassan Omar figure parmi eux. L'information a été confirmée mercredi soir par Scotland Yard. La police estime que ce Somalien, âgé de 24 ans et installé outre-Manche depuis 1992, est l'un des quatre terroristes de la seconde vague d'attaques contre la capitale. Disposant d'un titre de séjour illimité depuis l'an 2000, il aurait déposé son engin au métro de Warren Street.
Mercredi soir, la police a effectué une nouvelle perquisition dans le quartier de Stockwell, au sud de Londres. Scotland Yard a annoncé qu'elle n'avait pas effectué d'arrestation. Trois personnes qui avaient été interpellées ces deux derniers jours dans le cadre de la loi antiterroriste ont été finalement relâchées. Deux hommes avaient été arrêtés mardi soir dans un train en provenance de Newcastle alors qu'ils se rendaient à la gare londonienne de King's Cross. Le troisième avait été interpellé mercredi à l'aéroport de Luton, alors qu'il s'apprêtait à s'envoler pour Nîmes sur un vol de la compagnie Ryanair.
"Ils peuvent encore tuer"
Mardi soir, à l'issue d'une journée fructueuse pour les enquêteurs, le chef de Scotland Yard, Ian Blair, avait estimé que les terroristes du 21 juillet, de même que ceux du 7, "n'avaient probablement pas agi seuls". Au cours des dernières heures, la police a procédé à la fouille d'un appartement de , possible repaire des auteurs des attaques, et a saisi une voiture qui pourrait avoir été utilisée par l'un des terroristes du 21 juillet.
Si Scotland Yard reconnaît la très grande similitude entre les attentats des 7 et 21 juillet, il se refuse toujours à établir un lien définitif entre les attaques. "Le schéma est tellement similaire que nous devons penser qu'il y a la même inspiration" derrière les deux, a estimé mardi, Ian Blair. Bien que les bombes n'ont pas explosé pour un "défaut d'explosif" le 21 juillet, le chef de la police a assuré que "les attaques étaient très sérieuses" et que les dégâts potentiels auraient été "au moins les mêmes que le 7 juillet". Ces derniers attentats avaient fait 56 morts et 700 blessés.
Depuis lundi soir, les services spécialisés de Scotland Yard passent au peigne fin l'appartement 58 de Curtis House, un immeuble du quartier de New Southgate au nord de Londres. Outre Yacine Hassine Omar, l'appartement était occupé par Mokhtar Saïd Ibrahim, l'un des quatre auteurs des attentats ratés dont Scotland Yard a révélé lundi les identités. La police y aurait retrouvé des traces d'explosifs et des produits chimiques, ce qui a fait conclure à Ian Blair que les hommes, toujours en cavale, "sont capables de tuer encore, ils ont le matériel pour le faire, il faut les trouver".
Dénoncé par son père
Selon les médias britanniques de mercredi, Mokhtar Saïd Ibrahim était déjà connu de la police. Il avait été condamné en février 1996 par le tribunal de Luton (banlieue nord de Londres) à une peine de cinq de prison pour vol avec violence, selon le quotidien populaire The Sun. Arrivé en 1992 à l'âge de 14 ans en provenance d'Erythrée, il faisait partie d'une bande de délinquants de Royston dans le sud-est de l'Angleterre. Toujours selon The Sun, le jeune homme, après deux de prison, était devenu amer et très en colère contre le système.
Le Daily Telegraph se demande par ailleurs comment cet homme a obtenu son passeport britannique en septembre 2004 en dépit de son passé judiciaire. Mardi Ian Blair a souligné que l'enquête avait "reçu une aide formidable de la collectivité". Il a révélé l'acte "courageux et terrible" d'un père des kamikazes du 21 juillet qui a dénoncé son fils. "Avant le 7 juillet, a estimé Ian Blair, il y avait des gens au sein de la communauté musulmane qui vivaient dans le déni à propos de la menace terroriste. Depuis ces gens sont passés de l'état de choc et d'incrédulité à une situation où ils s'engagent activement".
Les employés du métro tendus |
La principale organisation syndicale britannique du personnel ferroviaire, qui a rencontré mercredi la direction du métro londonien, prendra sa décision d'appeler à la grève ou non vendredi. Les syndicats réclament notamment l'installation dans les cabines des conducteurs d'un appareil pour l'assistance respiratoire, l'amélioration de la formation aux procédures d'urgence et la présence d'un second conducteur ou contrôleur par rame pour intervenir en cas d'urgence. |
(Yacin Hassan Omar sur une vidéo surveillance le 21 juillet/DR)
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