
La police britannique, qui a diffusé vendredi après-midi les photos de quatre hommes suspectés dans les attentats ratés de jeudi (lire : Londres : quatre hommes recherchés), disposerait d'un message de revendication. Il émanerait d'un groupe se disant proche du réseau Al-Qaïda et aurait été diffusé vendredi sur internet - ce qui rend difficile son authentification. Le communiqué serait signé des "Brigades Abou Hafs al-Masri", du nom d'un chef du réseau d'Oussama ben Laden, tué dans la guerre d'Afghanistan. Ce groupe avait déjà revendiqué les attentats du 7 juillet à Londres et ceux du 11 mars 2004 à Madrid. Il avait également menacé plusieurs pays européens (la Grande-Bretagne, l'Italie, le Danemark et les Pays-Bas) de nouvelles attaques terroristes.
Cette revendication vient s'ajouter aux divers indices dont dispose désormais la police britannique après les tentatives d'attentats de jeudi. Si les deux hommes arrêtés jeudi après-midi ont été relâchés, sans qu'aucune charge ne soit retenue contre eux, Scotland Yard dispose d'une "mine d'or" d'indices laissés par les quatre hommes qui se sont enfuis après avoir échoué à faire exploser leurs bombes dans trois rames de métro et un autobus. Scotland Yard a en effet récupéré les quatre sacs à dos contenant les bombes, et dont seuls les détonateurs ont explosé sans parvenir à mettre à feu les explosifs. Au cours d'une conférence de presse vendredi après-midi, la police a décrit des engins "de fabrication artisanale", ajoutant que "les premiers éléments de l'enquête montrent qu'une bombe a été partiellement déclenchée dans au moins un des endroits".
Des explosifs dégradés ?
On ignore si les terroristes avaient l'intention de se faire exploser avec leurs bombes. Les témoins ont cependant rapporté que deux d'entre eux ont paru désorientés et déçus quand les explosions se sont produites. Un témoignage, publié vendredi par le Daily Mail, semble confirmer cette hypothèse. Abisha Moyo, 28 ans, a affirmé que l'un des terroristes, avec lequel il s'est retrouvé dans la même voiture du métro, était "un kamikaze". L'homme avait des câbles électriques sur le corps et de la fumée s'échappait de son sac à dos, alors qu'il s'était couché sur le sol, les bras perpendiculaires au corps comme Jésus Christ sur la croix, selon ce témoin. Le jeune homme aurait fini par rouvrir les yeux, se relever et abandonner son sac dans la rame avant de fuir. Conséquence, les spécialistes évoquent deux pistes : celle d'amateurs inspirés par le scénario du 7 juillet et celle de la même structure, se revendiquant d'Al Qaïda, qui a frappé la semaine dernière.
Selon un expert en explosifs londonien, Hans Michels, du centre de recherches Imperial College, "il y a deux causes possibles pour expliquer le fait que les bombes de jeudi étaient défectueuses: la première est que les explosifs n'ont pas été fabriqués correctement, que le mélange chimique était mauvais. La seconde qui est pour moi la plus plausible est que ces bombes ont été élaborées en même temps que celles qui ont explosé le 7 juillet. Le mélange explosif, très instable, s'est dégradé avec le temps, ce qui explique qu'aucune des quatre bombes de jeudi n'ait explosé".
Photo d'ouverture : cordon de police après les attentats ratés de jeudi - DR
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