
L'analyse de plus 2.500 cassettes de caméras de surveillance commence à porter ses fruits. Et ce qui s'est passé à Londres lors des quatre attentats jeudi dernier de se révéler peu à peu. Scotland Yard a livré mardi une partie des résultats de son enquête. Peter Clarke, le chef de la branche antiterroriste a ainsi annoncé que les quatre auteurs présumés des attentats sont arrivés en train à Londres le matin des attaques.
"Nous avons identifié des images de caméras de surveillance montrant les quatre hommes à la station King's Cross peu avant 8H30 ce matin du 7 juillet", a-t-il déclaré. "Un des hommes qui est parti du Yorkshire Ouest, dans le nord de l'Angleterre a été déclaré manquant par sa famille (...) peu après 10H00 jeudi", a-t-il poursuivi. "Nous avons pu établir qu'il a été rejoint lors de son voyage vers Londres par trois autres hommes". "Nous avons depuis trouvé des document personnels portant les noms de trois de ces quatre hommes près des sites de trois explosions", a-t-il précisé.
Attentat suicide ?
"Concernant l'homme porté manquant, certains de ses effets personnels ont été trouvés dans le bus de la ligne 30 qui a explosé à Tavistock Square. Les effets au nom d'un deuxième homme ont été trouvés sur le site de l'explosion de (la station de métro) d'Aldgate et (concernant) un troisième homme, des effets à son nom ont été découverts à la fois sur le site d'Aldgate et celui d'Edgware Road".
"Il est très probable" qu'un des quatre hommes soupçonnés pour les attentats de jeudi à Londres soit mort dans la rame de métro touchée entre Aldgate et Liverpool Street, a déclaré Peter Clarke. "Nous avons des preuves résultant de l'examen médico-légal (des corps) et d'autres éléments qui permettent de dire que l'un des (quatre) hommes venant de l'ouest du Yorkshire est mort dans l'explosion à Aldgate. Ceci bien sûr doit encore être formellement confirmé par le médecin légiste", a ajouté Peter Clarke, dans une déclaration lue à la presse. Scotland Yard n'a pas précisé si cet homme était mort de façon involontaire, dans le déclenchement accidentel de la bombe qu'il transportait, ou dans le cadre d'un attentat suicide.
La police cherche à savoir si les quatre hommes soupçonnés sont "tous morts dans les explosions". "Nous cherchons à établir les mouvements" de quatre hommes dont les "mouvements et les activités nous ont inquiétés très tôt dans l'enquête, a déclaré Peter Clarke.
"Un nouvel attentat probable"
La police a par ailleurs effectué mardi une série de perquisitions aux alentours de Leeds, dans l'ouest du Yorkshire. Une personne a été interpellée. Le suspect a été amené à Londres pour être interrogé. Lors de cette vaste opération, six habitations au moins y ont été fouillées. A la recherche d'explosifs, les policiers auraient découvert du "matériel significatif", selon un policier. Près de 600 personnes ont été évacuées.
Par ailleurs, la police britannique a fait évacuer mardi après-midi la gare de Luton au nord de Londres et son parking où se trouvait une voiture peut-être liée aux attentats. Elle a été détruite par les services de déminage.
"Un nouvel attentat est probable. Il n'y a aucun doute là-dessus. Mais quand ? Qui sait ?", a déclaré Ian Blair, le chef de Scotland Yard mardi sur la BBC. "Avec New York, nous sommes des villes soeurs unies par notre détermination, mais nous sommes toutes deux des cibles terroristes de premier plan", a-t-il déclaré.
Les Américains inquiets, les Canadiens pas assez ? |
Les 12.000 militaires de l'US Air Force basés en Grande-Bretagne ont reçu instruction d'éviter Londres à la suite des attentats, selon la presse britannique. Leurs familles sont "fortement encouragées" à adopter le même comportement. Un Américain est porté disparu après les attentats. Un quart des Américains se disent très inquiets qu'il y ait un attentat aux Etats-Unis, selon un sondage de l'institut Pew Research. 44% se disent un peu inquiets, 19% pas trop inquiets et 11% pas du tout inquiets. Mais six Américains sur dix pensent qu'il s'agit seulement d'un conflit avec un petit groupe radical. 28% pensent au contraire qu'il est question d'une lutte de civilisation avec l'Islam. Au Canada, la vice-Première ministre a estimé lundi que ses compatriotes n'étaient pas "psychologiquement prêts pour un attentat terroriste, alors que nous devrions probablement tous l'être". |
(Image LCI : mardi matin dans la banlieue de Leeds)
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