© AFPJean-Claude Juncker, le Premier ministre luxembourgeois a sauvé sa tête. Ses compatriotes ont approuvé par référendum dimanche la Constitution européenne, le oui l'emportant avec 56,52% des voix contre 43,48% pour le non, selon les résultats définitifs.
Petit Poucet des 25 avec Malte, le Luxembourg (400.000 habitants) était le premier pays de l'Union européenne à organiser une consultation populaire depuis le rejet massif du traité en France et aux Pays-Bas. Il accueille sur son sol plusieurs institutions et organes européens comme la Cour de Justice.
Ce succès du "Oui", qui fait du Grand Duché le treizième à ratifier la Constitution (et le deuxième par référendum après l'Espagne), ne devrait guère changer la donne pour le texte que les dirigeants européens ont décidé le 16 juin au sommet de Bruxelles de mettre en hibernation au moins jusqu'en 2007.
Crise nationale évitée
Une victoire du "Non", la troisième d'un des pays à l'origine de la construction européenne, n'aurait fait que renforcer la conviction de la plupart des analystes, pour qui le traité est dans les faits déjà mort. Elle risquait surtout d'entraîner une crise majeure au plan national et de chambouler la scène européenne avec la disparition du Premier ministre Jean-Claude Juncker, au pouvoir depuis dix ans et doyen en exercice des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE. Après six mois de présidence des 25 rendus cauchemardesques par le "Non" franco-néerlandais et l'échec du sommet de Bruxelles sur le budget 2007-2013 de l'UE, Jean-Claude Juncker, qui a cédé son tablier au Britannique Tony Blair le 1er juillet, avait juré qu'il démissionnerait en cas de rejet de la Constitution.
Le président de la Commission européenne, José Manuel Durao Barroso, a accueilli "avec une grande satisfaction" cette victoire du "Oui". "C'est un signal fort car cela signifie qu'une majorité des Etats membres considère que le Traité constitutionnel répond à leurs attentes en ouvrant la voie à une Europe plus démocratique, plus transparente, plus efficace et plus forte sur la scène mondiale", a-t-il déclaré dans un communiqué.
Réactions au "oui" luxembourgeois |
"Une bonne nouvelle pour l'Europe", selon le ministre espagnol des Affaires étrangères. "C'est une bonne nouvelle pour l'Europe", qui peut contribuer "à changer le climat négatif et de pessimisme dans lequel nous sommes" depuis le double non en France et aux Pays-Bas", a déclaré Miguel Angel Moratinos. |
"Le peuple luxembourgeois peut être fier", selon le chancelier allemand. Gerhard Schröder a salué la victoire du "oui" affirmant que "le peuple luxembourgeois peut être fier" de ce résultat. La victoire du oui est "un encouragement et une invitation à tous les Européens pour trouver rapidement un chemin commun afin de surmonter la crise actuelle", a-t-il affirmé. |
(Photo AFP/JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN)
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