Gerhard Schröder lors d'un discours en février 2004 © LCILe Bundestag a refusé vendredi la confiance au chancelier social-démocrate allemand, comme celui-ci l'avait expressément demandé afin d'ouvrir la voie à des élections législatives anticipées en septembre. Seuls 151 députés des 595 présents ont exprimé leur confiance au chancelier, 296 la rejetant et 148 s'abstenant. Les principaux dirigeants de la coalition social-démocrate/Verte avaient appelé les députés à s'abstenir.
Gerhard Schröder juge "indispensable" une "nouvelle légitimation" lors d'un nouveau scrutin pour la poursuite de ses réformes sociales et économiques. "Je mettrai toute mon énergie à demander aux électeurs que ce que nous avons commencé soit poursuivi", a-t-il proclamé, en se déclarant "fier" des "bonnes années" qu'il a données à l'Allemagne. Il a expliqué que son programme, l'Agenda 2010, avait conduit à des "disputes entre les partis et au sein des partis". "Mon parti en a le plus souffert et a payé le prix fort", a-t-il dit, en allusion à la cuisante série de défaites électorales du SPD. C'est à l'issue de la dernière, en Rhénanie du Nord-Wesphalie le 22 mai, qu'il avait décidé de susciter de nouvelles élections.
Les obstacles et les risques de nouvelles élections
Le chancelier tire ainsi les conséquences de l'impopularité de ses réformes socio-économiques, de la fronde interne à gauche dans son parti et de la fragile majorité de quatre voix de sa coalition rouge-verte, et de son échec à redresser la situation sur le front du chômage, qui touche aujourd'hui 4,7 millions d'Allemands. Selon les sondages, quelque 71 à 82% des Allemands approuvent la décision de susciter des élections anticipées.
Il revient désormais au président de la République, le conservateur Horst Köhler, de décider dans les 21 jours de dissoudre la chambre des députés s'il juge la démarche conforme à la Loi fondamentale (constitution), afin de provoquer un scrutin anticipé un an avant le terme normal de septembre 2006. Mais, menacé de plusieurs plaintes devant la Cour constitutionnelle, le président Köhler garde le choix de refuser de faire le pas, en arguant que le vote de défiance est artificiel. Une issue pourrait alors être une démission du chancelier, un scénario que Gerhard Schröder a une nouvelle fois écarté vendredi en raison de sa complexité.
Par ailleurs, ces élections, si le principe en est arrêté, se présentent plutôt mal pour le chancelier allemand. Les conservateurs, dirigés par leur candidate à la chancellerie Angela Merkel, 50 ans, ont toujours plus le vent en poupe dans les sondages, ce qui leur permet de clamer qu'ils écartent toute grande coalition future avec le SPD. Un sondage publié jeudi les crédite de 47% 'intentions de vote et leur allié libéral (FDP) de 6%, contre 26 % au SPD et 7% aux Verts.
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