
Deux jours après les attentats de Charm el-Cheick, l'identification des corps se poursuit et le bilan provisoire des morts comptabilisés, qui était officiellement jusque-là de 88, a été révisé à 64. Les autorités égyptiennes sont par ailleurs lancées dans une course pour mettre la main sur les terroristes.
Un troisième groupe islamiste inconnu, "Le Groupe de l'Unicité et du Jihad en Egypte", a revendiqué mardi sur l'internet les attentats présentés comme "une vengeance pour nos frères en Irak, en Afghanistan (...) et en réponse à la guerre contre le terrorisme". Ce groupe fait allégeance à Oussama ben Laden. Précédemment, les attaques avaient été revendiquées par un groupe islamiste lié au réseau terroriste Al-Qaïda et par un second mouvement islamiste, "Les moudjahidine d'Egypte", qui avait donné un "aux Juifs et aux Chrétiens" un ultimatum de "60 jours pour quitter l'Egypte".
Echanges de tirs
Chaque heure apporte de nouveaux développements à l'enquête. La police a indiqué lundi matin être à la recherche de six suspects pakistanais. Leurs portraits ont été affichés dans les postes de police de la région de Charm el-Cheikh. L'AFP a obtenu les noms de cinq des six Pakistanais: Rashid Ali, 26 ans, Mohammed Anwar, 30 ans, Mohammed Ikhtar, 30 ans, Tassadaq Hussein, 18 ans, et Mohammed Aref, 36 ans.
Des échanges de tirs ont eu lieu lundi lors d'une opération de la police égyptienne dans le Sinaï où seraient réfugiés deux d'entre eux. Des sources policières ont précisé que des opérations se déroulaient dans les montagnes proches de deux villages bédouins, Khouroum et Roueissat. Toujours selon la police égyptienne, l'un des suspects pourrait avoir été tué dans les explosions de samedi.
Raids dans le Sinaï
Au cours du week-end la police avait déjà annoncé l'arrestation de 95 personnes, 60 dans le nord de la péninsule du Sinaï et 35 à Charm el-Cheikh. Parmi les personnes arrêtées figuraient des hommes relâchés récemment après avoir été détenus dans le cadre de l'enquête sur les attentats ayant coûté la vie à 34 personnes en octobre 2004 dans une autre station balnéaire du Sinaï, Taba, et ses environs. Cité par l'agence officielle Mena, le ministre de l'Intérieur égyptien Habib al-Adly a indiqué que l'Egypte avait des indices faisant apparaître que les attentats de Charm el-Cheikh et de Taba étaient "liés".
Selon le ministère de l'Intérieur égyptien, dix personnes au total étaient impliquées dans les attentats de Taba, qui ont été revendiqués par deux organisations islamistes. Mais plusieurs milliers de bédouins, femmes, hommes et enfants, ont été arrêtés par la police à la suite de ces attentats, selon des organisations des droits de l'Homme, provoquant les protestations de leurs proches, qui ont dénoncé "l'arbitraire" des autorités. Plusieurs centaines seraient encore en détention sans jugement. Le procès de trois Egyptiens accusés d'avoir perpétré les attentats de Taba a commencé le 2 juillet, et une nouvelle audience s'est ouverte brièvement dimanche, avant d'être aussitôt ajournée.
« Stop au terrorisme ! » |
Des banderoles "Nous sommes contre le terrorisme", des T-shirts "Stop au terrorisme" : la manifestation qui s'est déroulée dimanche à Charm el-Cheikh a réuni 2000 personnes. Les manifestants, en grande majorité des égyptiens, ont défilé dans les rues de la ville en scandant "Unis, nous vaincrons" et sont passés devant l'hôtel Ghazala Garden, le bâtiment le plus durement touché par la série d'attaques et où ont été retrouvés 25 des 88 morts. A la tombée de la nuit, les manifestants ont allumé des bougies et les ont déposées sur le sol avec des bouquets de fleurs. Dimanche également, au Caire, une manifestation pacifique symbolique, qui a rassemblé une dizaine de personnes, a été dispersée par la police. |
Photo d'ouverture : portraits, diffusés par fax, de deux des six Pakistanais suspectés d'avoir participé aux attentats de Charm el-Cheikh - DR
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