
Des dizaines de milliers de chrétiens du monde entier sont arrivés à Cologne, en Allemagne, où doit être donné ce soir mardi le coup d'envoi des JMJ 2005, placées sous le thème "Nous sommes venus l'adorer" (phrase de l'Evangile de Matthieu relatant la vénération des mages, dont les reliques seraient abritées dans la cathédrale de Cologne). Selon les autorités, ils seraient déjà 405.000, venus de 193 pays. Une grande majorité de catholiques mais aussi d'assez nombreux protestants et des non croyants en recherche.
Tous attendent avec une impatience grandissante les trois messes géantes de cet après-midi, marquant le début des Journées mondiales de la Jeunesse. "Il est vraiment temps que ces JMJ commencent, on ne peut plus attendre", a déclaré le cardinal-archevêque de Cologne, Joachim Meisner, lors de la conférence de presse d'ouverture, observant que le nombre d'inscrits avait dépassé les attentes des organisateurs.
L'enjeu des JMJ pour le successeur de Jean Paul II
Pour sa part, Benoît XVI est attendu jeudi pour son premier voyage à l'étranger dans son pays natal. De nombreux jeunes devraient d'ailleurs encore arriver jusqu'au 18 août pour participer à la dernière partie du programme en compagnie du souverain pontife, qui rencontrera aussi des représentants des communautés juive et musulmane. Benoît XVI se rendra notamment à la synagogue de Cologne, un symbole fort en Allemagne marquant également la première visite d'un pape dans un lieu de culte juif lors d'un déplacement à l'étranger. En 1986, Jean Paul II avait fait le geste sans précédent de se rendre à la synagogue de Rome.
Pour Benoît XVI, l'ombre de son prédécesseur planera sur ce rendez-vous que le pape polonais, décédé le 2 avril à 84 ans, avait espéré jusqu'au dernier moment pouvoir présider. Symbole incontournable, mardi matin, une croix que Karol Wojtyla avait remis aux jeunes des JMJ en 1984 et qui a parcouru, portée par des pèlerins, quelque 100.000 km en Allemagne depuis un an, est arrivée à Cologne. Ce rendez-vous sera ainsi pour l'intellectuel Joseph Ratzinger, qui a succédé à Karol Wojtyla le 19 avril à 78 ans, la première occasion de marquer de sa personnalité le nouveau pontificat.
Messe géante
Depuis son élection éclair par le conclave des cardinaux, il a fait oublier le surnom de "panzerkardinal" dont on l'avait affublé en raison de son intransigeance doctrinale à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi qu'il a dirigée pendant 23 ans. Le nouveau pape a d'abord pris soin de s'inscrire dans la lignée de Jean Paul II, dont il a provisoirement reconduit l'équipe au Vatican. Il a affiché une volonté de modestie, a beaucoup consulté, et consacré ses semaines de vacances au travail solitaire.
Au cours des quatre jours de sa visite, Benoît XVI effectuera trois apparitions publiques : à la fête de bienvenue le 18, à la veillée de prière le 20 au soir et à la messe géante le lendemain au Marienfeld, un ancien site minier de 270 hectares, situé à 27 km de Cologne. Environ 800.000 personnes sont attendues à cette messe qui sera célébrée par le pape, soit autant qu'à celle des JMJ de Toronto en 2002. A l'issue de la cérémonie de clôture des JMJ, Benoît XVI communiquera le nom de la prochaine ville organisatrice.
| Sécurité renforcée |
Des avions-radar de type Awacs assureront néanmoins la surveillance de l'espace aérien au-dessus de Cologne pendant la visite papale, en réponse à une requête transmise à l'Otan par le gouvernement allemand, selon une source de l'Alliance atlantique à Bruxelles. |
(photo : un pèlerin arrivant à Cologne)
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