L'AIEA engage le bras-de-fer avec l'Iran

le 11 août 2005 à 18h16 , mis à jour le 11 août 2005 à 21h01

Sous l'impulsion de l'Union européenne, qui a finalement convaincu les pays non-alignés, l'Agence internationale à l'Energie atomique a adopté une résolution demandant à l'Iran d'arrêter la reprise de ses activités nucléaires. Réponse négative immédiate de Téhéran.

usine_ispahan

Entamée mardi, la réunion d'urgence de l'AIEA, convoquée après la reprise des activités nucléaires de l'Iran à Ispahan, s'est terminée jeudi. Après d'intenses pourparlers entre l'Union européenne, qui se voulait ferme face à Téhéran, et les pays non-alignés, plus souples, un consensus a finalement été trouvé sur un texte de résolution.

Eventuelles sanctions

"Afin de promouvoir la confiance, le conseil des gouverneurs (ndlr : l'exécutif de l'organisation) juge nécessaire que l'Iran suspende toutes les activités liées à l'enrichissement (d'uranium)" et "exprime sa vive préoccupation que l'Iran a décidé de reprendre ses activités de conversion d'uranium", dit le texte adopté. En revanche, l'AIEA s'abstient de recommander la saisine du Conseil de sécurité de l'Onu pour lancer d'éventuelles sanctions.

La réponse n'a pas tardé : "L'Iran ne cèdera pas et sera producteur de combustible nucléaire d'ici à dix ans", a déclaré la délégation iranienne, en dénonçant la résolution. Mais elle a ajouté que l'Iran "continuera à coopérer avec l'Agence internationale de l'énergie atomique", et respectera ses obligations en matière de non-prolifération –la signature du TNP n'interdit pas en effet la conversion d'uranium à titre civil.

Le président iranien pourra se rendre à l'Onu

De son côté, malgré la réaction iranienne, le directeur de l'AIEA, Mohamed ElBaradei, estime qu'"il existe toujours une fenêtre" pour rétablir le dialogue, précisant qu'il présenterait le 3 septembre un nouveau rapport sur le dossier.

Le président américain George W. Bush s'est félicité jeudi de la résolution adoptée jeudi par l'AIEA demandant à Téhéran d'arrêter la production de combustible nucléaire, la qualifiant de "premier pas positif". "Notre stratégie est de travailler avec l'UE-3 -- France, Grande-Bretagne et Allemagne-- pour que les Iraniens entendent une seule voix leur parler de leurs ambitions nucléaires", a souligné M. Bush lors d'une conférence de presse dans son ranch de Crawford, au Texas. George Bush a indiqué que le président iranien pourra se rendre à New York pour l'assemblée générale des Nations Unies en septembre en vertu des accords existants entre les Etats-Unis et l'Onu.

(photo d'archives : l'usine d'Ispahan)

le 11 août 2005 à 18:16
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