Algérie : Bouteflika veut rétablir la paix

le 14 août 2005 à 20h52 , mis à jour le 15 août 2005 à 15h07

Les Algériens se prononceront le 29 septembre par référendum sur un projet de réconcilitation nationale du président Abdelaziz Bouteflika. Ce dernier promet le pardon aux islamistes armés n'ayant pas commis des crimes de sang et d'interdire toute activité politique aux responsables de l'"instrumentalisation" de l'islam.

Premier bilan pour Bouteflika © INTERNE

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a annoncé dimanche la tenue d'un référendum sur un "projet de charte pour la paix et la réconciliation nationale" le 29 septembre. Le projet comprend des "mesures concrètes" pour "faire cesser l'effusion de sang et rétablir la paix" en Algérie, a déclaré M. Bouteflika.

Il prévoit "tout d'abord, l'extinction des poursuites judiciaires" pour les islamistes armés "qui ont déjà mis fin à leurs activités armées et se sont rendus aux autorités, depuis le 13 janvier 2000, date de forclusion des effets de la loi portant Concorde Civile, pour autant qu'ils ne soient pas impliqués dans des massacres collectifs, des viols ou des attentats à l'explosif dans des lieux publics", a-t-il affirmé.

"Concorde civile"

M. Bouteflika avait initié dès le début de son premier quinquennat, en 1999, une "concorde civile" qui a permis d'amnistier plusieurs milliers d'islamistes armés. Il avait été triomphalement réélu le 8 avril 2004 pour un second quinquennat avec 84,99% des voix.

Le projet prévoit également "l'abandon des poursuites judiciaires contre les personnes recherchées en Algérie ou à l'étranger ou condamnées par contumace" qui se rendraient spontanément aux autorités, à condition qu'elle ne soient pas impliquées dans des crimes de sang ou des viols. Le projet prévoit aussi "la grâce pour les personnes condamnées ou détenues pour des actes de terrorisme autres que les massacres collectifs, les viols et les attentats à l'explosif dans des lieux publics".

La "levée définitive des difficultés"

Le président algérien a ajouté que le projet de charte comprend également des mesures destinées à "établir et à consolider la réconciliation nationale", notamment "la levée définitive des difficultés et des contraintes que continuent de rencontrer les personnes qui ont choisi d'adhérer à la politique de concorde civile". Il s'agit également de "mesures devant permettre la normalisation définitive de la situation sociale des personnes qui ont fait l'objet de mesures administratives de licenciement, dans le cadre de leurs activités au service de l'Etat", a encore souligné M. Bouteflika.

Le projet prévoit, par ailleurs, "l'interdiction de tout exercice d'une activité politique, sous quelque forme que ce soit, aux responsables de cette instrumentalisation de notre religion" pour, a-t-il expliqué, ne "pas oublier les tragiques conséquences de l'odieuse instrumentalisation des préceptes de l'Islam, religion de l'Etat" et "empêcher la répétition de cette dérive". Il comprend également une mesure interdisant "toute activité politique, à quiconque ayant une part de responsabilité dans la conception et dans la mise en oeuvre de la politique prônant le pseudo "djihad" contre la Nation et les institutions de la République". M. Bouteflika a indiqué, fin février, que la violence islamiste avait fait en une décennie 150.000 morts et 30 milliards de dégâts sur les infrastructures économiques et sociales en Algérie.

(Le président algérien/archives/DR)

le 14 août 2005 à 20:52
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1 Commentaires

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  • Sinc, le 14/08/2005 à 21h25

    Preuve que la democratie commence a voir le jour en algerie,avec ce referendum. tres bonne inititive boutef.

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