© AFPA 8h15 samedi, une cloche a gravement retenti. L'ancienne ville martyre d'Hiroshima, capitale mondiale du pacifisme, s'est immobilisée pour une minute de silence en souvenir des 140.000 morts de la première bombe A de l'Histoire. Habillés de noir, des survivants et des proches des victimes s'inclinent en fermant les yeux, sans paraître perturbés par les cris de manifestants pacifistes qui s'élèvent au loin. "Assez de ces commémorations hypocrites ! Quand le Japon s'allie aux Américains pour faire la guerre !", hurlaient les militants pacifistes en dénonçant le Traité de sécurité nippo-américain et le déploiement japonais en Irak.
Hiroshima: l'hommage aux 210.000 victimes en présence des USA
L'ambassadeur des Etats-Unis au Japon a assisté pour la première fois la fin de la Seconde guerre mondiale aux cérémonies marquant la destruction de la ville de Hiroshima par une bombe atomique.
Publié le 06/08/2010
Le "double survivant" d'Hiroshima et Nagasaki emporté par le cancer
Tsutomu Yamaguchi était officiellement la seule personne à s'être trouvée dans les deux villes les 6 et 9 août 1945 et a avoir survécu aux deux bombardements atomiques.
Publié le 06/01/2010
A la tribune officielle, le Premier ministre Junichiro Koizumi a promis que le Japon resterait un pays "pacifiste et non-nucléaire", devant une foule de quelque 55.000 personnes réunies dans le Parc de la Paix. Digne et solennelle, la cérémonie a lieu sur la vaste esplanade du Parc mémorial, dominée au loin par le squelette du "dôme atomique", le seul bâtiment du centre-ville qui a miraculeusement survécu au bombardement du 6 août 1945, alors qu'il n'était situé qu'à 160 mètres de l'hypocentre de l'explosion.
Au centre de l'esplanade, se dresse le cénotaphe du souvenir qui honore les victimes du bombardement, et devant lequel se sont inclinés tous les dignitaires invités. C'est là que, dès avant l'aube, les habitants d'Hiroshima s'étaient pressés par dizaines pour adresser des prières à leurs morts dans le recueillement. Toutes générations confondues, ouvriers en uniformes, vieillards en fauteuil ou se déplaçant à l'aide d'une canne, étaient venus allumer des bâtons d'encens, déposer des fleurs, oeillets, roses ou tournesols, et prier devant l'arche qui abrite le registre des victimes.
La procession s'est effectuée dans le silence, à peine troublé par les crépitements des flashs des photographes. Puis le silence se rompit peu à peu : des voix s'élevaient, des groupes entiers de moines, d'écoliers ou d'officiels défilaient devant le monument. L'intensité du soleil d'août montait au rythme du chant des cigales.
"Deux erreurs"
"Si vous me demandez ce que je ressens, je ne peux pas l'expliquer. Pendant plus de cinquante ans après la guerre, je n'ai pas pu venir ici. Je ne peux pas non plus aller visiter le musée", affirme Michie Kakimoto, une femme menue de 79 ans, courbée sous les effets de l'âge. Venu d'Osaka, Takashi Nishikawa, 74 ans, habitait Hiroshima au moment du bombardement atomique. "L'explosion de la bombe m'a réveillé en sursaut. Trois membres de ma famille sont morts brûlés, les deux autres ont survécu", dit-il, accusant le Premier ministre de ne pas prendre la défense de la paix au sérieux.
"Il y a deux erreurs", explique le président de la Chambre des députés Yohei Kono: "L'une a été la décision du Japon de choisir l'option militaire quand il aurait pu s'allier avec les autres pays asiatiques pour combattre l'impérialisme. L'autre erreur fut de recourir à des bombes atomiques contre des civils, et ça c'est impardonnable, quelle qu'en soit la raison".
(PHOTO YOSHI KAZU TSUNO/AFP)
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