
Des dizaines de milliers de fidèles juifs (50.000 selon la police, 100.000 selon le Conseil des implantations de Judée-Samarie et de la bande de Gaza, la principale organisation de colons qui avait organisé ce rassemblement) se sont réunis mercredi soir dans la vieille ville de Jérusalem pour participer à une prière collective au Mur des Lamentations contre le retrait de la bande de Gaza. Trois anciens Grands Rabbins d'Israël avaient également appelé à participer à cette prière, Avraham Shapira, considéré comme le mentor spirituel de la droite nationaliste, ainsi que Mordehaï Eliyahou et Ovadia Yossef, fondateur et dirigeant du Shass, le plus important parti ultra-orthodoxe.
Le Mur des Lamentations devrait être aussi dimanche, 9 du mois d'Ab, jour anniversaire de la destruction du Temple juif selon le calendrier hébraïque, le lieu d'un autre important rassemblement nationaliste et religieux. Cet anniversaire, commémoré dans le jeûne et la prière, devrait revêtir à la veille du retrait de Gaza, qui doit débuter 48 heures plus tard, un caractère particulièrement tendu.
"Le monde nous regarde"
Dans ce contexte difficile, le président israélien Moshé Katzav (qui a surtout des pouvoirs protocolaires), lors d'un discours à la nation mercredi soir, s'est adressé aux colons de la bande de Gaza et du nord de la Cisjordanie qui vont être évacués. "Au nom de l'Etat d'Israël, je vous demande pardon parce qu'on exige de vous de quitter vos foyers après des dizaines d'années de présence. Je m'identifie à votre douleur. Nous savons que vous vous êtes installés dans la bande de Gaza à la suite des décisions des gouvernements israéliens. Vous avez fait preuve d'héroïsme face au danger", a-t-il affirmé. Le président a toutefois souligné que "l'heure est venue de respecter la décision des autorités, de la Knesset (Parlement) et du gouvernement (...) Le monde nous regarde (...) Il ne faut pas que l'opposition au retrait porte atteinte à la sécurité de l'Etat".
"Même ceux qui pensent que ce processus est une erreur n'ont pas le droit d'agir de façon illégale. Il y a une limite à la lutte", a poursuivi le président, dénonçant les "appels à la désobéissance" lancés aux soldats par des rabbins et des groupuscules d'extrême-droite. "De tels appels constituent une très grave erreur, qui pourrait nous conduire à une catastrophe", a prévenu Moshé Katzav. Et de rappeler : "Le traumatisme de l'assassinat d'Yitzhak Rabin nous accompagne tous les jours".
Le Premier ministre travailliste avait été assassiné en novembre 1995 par un extrémiste de droite qui voulait ainsi saboter un processus de paix engagé deux ans plus tôt avec les Palestiniens. Les mesures de protection autour du Premier ministre actuel Ariel Sharon ont été renforcées ces derniers mois à la suite de multiples menaces d'assassinat d'extrémistes de droite.
Photo d'ouverture : le discours télévisé du président israélien Moshé Katzav - DR
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