
Les quelque 156 millions de reals (soit 68 millions de dollars, ou 56,5 millions d'euros) volés le week-end dernier au siège de la Banque centrale du Brésil à Fortaleza n'étaient pas assurés. C'est ce qu'a indiqué mercredi le service de presse de l'institution financière. "C'est un procédé normal ; nous ne prenons d'assurance que lorsque nous devons transporter l'argent", a précisé un porte-parole. Or, les millions volés à la Banque centrale "se trouvaient dans la salle forte".
Conséquence : si le butin des casseurs n'est pas récupéré (correspondant à trois tonnes et demie de billets usés de 50 reals, les voleurs s'étant, selon les dernières informations, débarrassés des billets neufs qui n'avaient pas encore été mis en circulation), le préjudice sera "comptabilisé dans le bilan de la Banque centrale (BC) et si ce dernier est négatif, les pertes seront couvertes par le Trésor national, c'est-à-dire par les contribuables", a expliqué le responsable de la BC.
Soupçons sur la "Bande du gros tatou"
Actuellement, les voleurs courent toujours. La Police Fédérale (PF) dirige l'enquête sur ce qui constitue à ce jour le plus grand casse de l'histoire du Brésil et le deuxième du monde depuis 40 ans. Les casseurs (de dix à vingt) avaient rejoint le sous-sol de la banque grâce à un tunnel de 80 m creusé depuis une fausse entreprise de jardinage. Puis, ils avaient réussi à percer le fond en fer de plus d'un mètre d'épaisseur de la salle forte de la Banque centrale située en plein centre de Fortaleza.
La police a simplement retrouvé mardi soir le véhicule utilisé par les cambrioleurs, une camionnette, pour transporter l'argent. Il aurait servi aussi à évacuer les sacs de terre. La Banque centrale a pour sa part ouvert une enquête interne : la présence de complices au sein de l'établissement est suspectée car la salle forte où se trouvait l'argent a été localisée avec précision et aucune des caméras de sécurité ne s'est activée. Les recherches s'orientent vers des bandes des Etats de Rio de Janeiro, Sao Paulo et Rio Grande do Sul, a indiqué la police qui y voit la marque du Premier Commando de la Capitale (PCC) qui contrôle les prisons de Sao Paulo, ou celle du Comando Vermelho, basé dans les favelas et les prisons de Rio de Janeiro. Le quotidien Estado, de Fortaleza, soupçonne une dénommée "Bande du gros tatou", à qui l'on attribue deux cambriolages de banques importants l'année dernière à Sao Paulo, dans les deux cas grâce à des tunnels.
Photo : maison depuis laquelle les cambrioleurs ont creusé leur tunnel (AFP)
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