
Benoît XVI, revenu jeudi dans son pays natal pour un rendez-vous qui était initialement prévu pour son charismatique prédécesseur polonais, a cherché et commencé à trouver le contact avec les nouvelles générations de catholiques sans renier pour autant ses exigences spirituelles, qu'il place très haut. Les pèlerins des JMJ, par principe enthousiastes envers leur chef spirituel, attendent cependant de mieux connaître l'homme qui a succédé à Jean Paul II dont il revendique pleinement l'héritage. Certains ont regretté un contact un peu lointain. Dans son premier message aux jeunes, le pédagogue Benoît XVI a tenté de se mettre à leur place.
"Nous sommes préoccupés par l'état du monde et nous nous demandons: où puis-je trouver les critères pour ma vie, les critères pour collaborer de manière responsable à l'édification du présent et de l'avenir de notre monde?", a lancé le pape. "Poser de telles questions signifie (...) chercher Quelqu'un qui ne se trompe pas et qui ne peut pas se tromper, et qui est donc en mesure d'offrir une certitude forte pour permettre de vivre pour elle et, si nécessaire aussi, de mourir". Et d'ajouter en forme d'invitation : "quelle route prendre, à la croisée des chemins? Celle qui m'est dictée par les passions ou celle qui m'est indiquée par l'étoile qui brille dans ma conscience?"
Le thème de l'oecuménisme peu évoqué
Depuis son arrivée, Benoît XVI n'a cessé de citer le modèle de son grand prédécesseur, mais il s'est efforcé en même temps d'imprimer son style propre. Par exemple il n'a pas baisé le tarmac à la descente de son avion. Ses gestes restent empreints d'une sorte de réserve et de timidité. Il a serré chaleureusement des mains qui se tendaient, mais n'a pas donné d'accolade. Comme son prédécesseur, il a mis en exergue les valeurs chrétiennes de l'Europe, les racines chrétiennes de l'Allemagne. Il n'a mentionné la page noire du nazisme qu'implicitement, en parlant de la mort à Auschwitz d'Edith Stein, la philosophe juive convertie au catholicisme et canonisée par Jean Paul II. Il a laissé paraître sa formation intellectuelle en évoquant devant les plus hautes autorités de l'Etat les philosophes et théologiens éminents de son pays et leur contribution "indélébile" pour l'Europe.
Le théologien Benoît XVI a fait des allusions claires à la présence réelle dans l'Eucharistie (dogme selon lequel Dieu est vraiment présent dans l'hostie) et a appelé à la dévotion envers les saints, dans le pays de la Réforme où ces conceptions catholiques ont été souvent sources de polémiques et de conflits entre catholiques et protestants. Le chef spirituel de l'Eglise catholique a appelé à une nouvelle évangélisation, invitant les jeunes à donner un nouveau souffle au projet missionnaire de l'Eglise. Il s'est adressé aux pèlerins venus d'Asie, "représentants de ces foules innombrables de nos frères et soeurs en humanité qui attendent sans le savoir que l'Etoile se lève dans le ciel pour les guider vers le Christ".
Au premier jour de sa visite, Benoît XVI a peu évoqué le thème de l'oecuménisme, qu'il avait mis au premier plan de ses exigences au lendemain de son élection au siège de Pierre le 19 avril. Sa rencontre avec les représentants des autres "Eglises et communions ecclésiales" chrétiennes, selon son expression, est prévue vendredi soir. En revanche il a souligné l'importance qu'il attachait à ses rencontres avec les juifs vendredi et les musulmans samedi.
Photo d'ouverture : Benoît XVI face à la foule des pèlerins des JMJ - DR
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