© afpJohn Bolton, désigné par George W. Bush comme ambassadeur des Etats-Unis à l'ONU en mars dernier, n'a pas obtenu depuis la confirmation du Sénat, chargé d'entériner ou non les choix présidentiels sur ce sujet, en raison de l'opposition des démocrates. Le président américain a finalement décidé de passer outre ce revers en profitant d'un point de droit pour envoyer son candidat à New York.
Il a en effet choisi de le nommer par décret pendant les congés parlementaires, qui ont débuté il y a quelques jours. Cette procédure, censée permettre au président de procéder rapidement à des nominations lorsque le Congrès est en vacances, ne sera toutefois valable que pour la durée de l'actuelle législature, c'est-à-dire jusqu'en janvier 2007.
"L'homme qu'il faut"
"Une majorité de sénateurs sont d'accord avec le fait qu'il est l'homme qu'il faut pour ce poste. Mais, en raison des tactiques dilatoires partisanes utilisées par une poignée de sénateurs, John n'a pas pu obtenir le vote qu'il mérite" a souligné George W. Bush lors de la cérémonie officielle d'intronisation à la Maison Blanche. "En conséquence, les Etats-Unis n'ont plus d'ambassadeur aux Nations unies depuis plus de six mois. Ce poste est trop important pour être laissé vacant davantage, surtout en temps de guerre et avec un débat essentiel en cours sur la réforme de l'ONU" a-t-il affirmé.
Le président a ensuite dressé un portrait flatteur de son protégé : "J'ai choisi John en raison de sa vaste expérience en politique étrangère, son intégrité et sa volonté de faire face directement aux questions importantes". "Il va donner une direction claire à la position américaine dans le cadre de la réforme des Nations unies. J'ai dit qu'il insisterait pour obtenir des résultats concrets" a conclu le locataire du Bureau Ovale.
"Un taureau dans un magasin de porcelaine"
John Bolton, aujourd'hui âgé de 56 ans, est l'actuel sous-secrétaire d'Etat, chargé des questions de désarmement depuis mai 2001. Il a notamment été mené les pourparlers avec la Corée du Nord pour tenter de convaincre Pyong Yang d'abandonner son programme nucléaire militaire, avant de faire de même avec l'Iran. Considéré comme l'un des chefs de file des "faucons" unilatéralistes, c'est un homme à la personnalité rugueuse qui ne s'embarrasse pas de finesses diplomatiques. Réputé pour son style direct, il lui a été reproché de traiter ses collaborateurs parfois très durement lors de ses auditions devant le Sénat.
Farouche partisan de la guerre en Irak, il a souvent eu des prises de positions particulièrement hostiles ou méprisantes envers l'ONU. "Le fait de savoir si le président cherche à obtenir une nouvelle résolution du Conseil de sécurité est une question de décision politique, certainement pas une nécessité légale" avait-il par exemple déclaré fin 2002.
Lors de son allocution, John Bolton a expliqué "aspirer à une organisation plus forte, plus efficace, conforme aux idéaux de ses fondateurs et suffisamment souple pour agir au XXIe siècle". Ce sera un grand privilège d'être le défenseur des valeurs et des intérêts de l'Amérique, d'aider à maintenir la paix et la sécurité internationales" a-t-il dit. Son arrivée à l'ONU équivaut à lâcher 'un "taureau dans un magasin de porcelaine" estime pour sa part le démocrate Joseph Biden, l'un des anciens responsables de la campagne présidentielle de John Kerry l'an passé.
(photo afp : George W. Bush et John Bolton lors de la cérémonie, ce lundi)
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