Chirac veut discuter de Chypre avec la Turquie

le 26 août 2005 à 15h11 , mis à jour le 29 août 2005 à 10h20

La France veut discuter avec ses partenaires européens du refus de la Turquie de reconnaître Chypre. Jacques Chirac estime que cela "n'est pas dans l'esprit qu'on attend d'un candidat à l'Union".

europe drapeaux cartes-drapeaux monde © INTERNE

Pour la première fois depuis le non français au référendum du 29 mai sur la Constitution européenne, Jacques Chirac recevait vendredi à l’Elysée le président de la commission européenne, Jose Manuel Durao Barroso. Cette rencontre visait à préparer le sommet informel convoqué par Londres les 27 et 28 octobre pour tenter de sortir l'Europe de la crise. Au cours de cet entretien le président de la République a fait part au président de la Commission de ses interrogrations sur la déclaration interprétative adossée par la Turquie à son adhésion au protocole d'Ankara.

La Turquie a signé le 29 juillet un accord étendant une union douanière à la République de Chypre, une des conditions majeures fixées par l'Union européenne à l'ouverture le 3 octobre de négociations d'adhésion. Mais Ankara a cependant adjoint à ce document une déclaration stipulant que son geste n'équivalait pas à une reconnaissance de Chypre, qui a adhéré à l'UE en 2004. Jacques Chirac "a rappelé au président de la Commission que cette déclaration pose des problèmes politiques et juridiques et qu'elle n'est pas dans l'esprit qu'on attend d'un candidat à l'Union", a déclaré le porte-parole de l’Elysée à l’issue de cette rencontre. "C'est pourquoi nous souhaitons en discuter avec nos partenaires" lors de la prochaine réunion informelle des ministres des Affaires étrangères des 25 les 1er et 2 septembre, a-t-il ajouté. "Il faut aussi que la Turquie donne des garanties et des clarifications sur la pleine application de l'union douanière, y compris à Chypre", a-t-il souligné.

Les négociations d'adhésion de la Turquie, candidate à l'Europe depuis 1963, doivent s'ouvrir le 3 octobre et sont prévues pour durer au moins une dizaine d'années, mais la candidature de ce pays laïc de 71 millions d'habitants à majorité musulmane suscite de fortes réserves dans plusieurs pays, en particulier en France et en Allemagne.

le 26 août 2005 à 15:11
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