© AFPC'est la plus importante catastrophe aérienne survenue en Grèce. Un appareil de la compagnie chypriote Helios, avec 121 personnes à bord, s'est écrasé dimanche au nord-est d'Athènes, sur une zone non habitée. L'avion, un boeing 737, était en provenance de Larnaca (Chypre) et devait rallier Prague, en République tchèque, après une escale à Athènes.
Aucun des passagers et membres d'équipage n'a survécu. L'information a été confirmée par la compagnie Helios. "La majorité" des 121 personnes à bord était "des Chypriotes", a déclaré un représentant de la compagnie propriétaire, Hélios. Parmi eux, un groupe "de 48 jeunes en route vers Prague". Il y a "aussi un certain nombre de Grecs et très peu d'étrangers", a affirmé ce représentant de Helios. Un des pilotes était allemand, a-t-il affirmé. Lundi matin, les corps de 118 des 121 passagers et membres d'équipage du Boeing ont été retrouvés, ainsi que la seconde boîte noire, a annoncé le ministère de la Santé. Les boîtes noires vont être envoyées à Paris pour analyse en vertu d'un accord franco-grecque.
"Pilotes pliés en deux"
Pour Helios, "les raisons de la chute de l'appareil ne sont pas claires". Son représentant a affirmé que l'avion avait été révisé "la semaine dernière", démentant qu'il ait été victime par le passé de divers problèmes, comme certains médias grecs l'avaient affirmé.
L'aéroport avait perdu tout contact avec l'appareil, alors qu'il devait atterrir en fin de matinée. Deux avions militaires envoyés en reconnaissance l'avaient localisé volant au dessus de la presqu'île d'Eubée. Les deux F-16 qui ont escorté l'appareil avant sa chute "ont vu une situation qui n'était pas normale dans le cabine de pilotage", ont précisé les militaires. Selon le responsable de la tour de contrôle, ils "ont aperçu les pilotes pliés en deux dans la cabine de pilotage".
"Nous sommes en train de geler"
La police grecque privilégie la thèse de l'accident au vu d'un dernier message envoyé par le pilote faisant état d'une panne de pressurisation. Un passager de l'avion a envoyé un SMS à l'un de ses cousins juste avant la chute de l'appareil pour lui dire que les pilotes s'étaient effondrés et qu'un froid glacial régnait dans l'avion. "Le pilote est devenu bleu", a écrit ce passager, cité par une chaîne de télévision grecque. "Adieu cousin, nous sommes en train de geler", ajoute le passager. L'hypothèse d'un acte de piraterie, envisagée un temps par l'armée, semble maintenant peu probable. Le gouvernement privilégie la thèse d'un accident pour expliquer l'accident, mais "enquête sur toutes les hypothèses". C'est ce qu'a déclaré son porte-parole, Théodore Roussopoulos.
Le porte-parole arrivait au siège du gouvernement, dans le centre d'Athènes, pour participer à une réunion d'urgence convoquée par le Premier ministre, Costas Caramanlis. Il a indiqué que plus d'informations seraient données à l'issue de cette réunion à laquelle devaient participer notamment les ministres de l'Intérieur, des Affaires Etrangères, de la Défense et des Transports. Les autorités chypriotes ont, elles, déclaré que l'accident n'était pas du à une "attaque terroriste".
La compagnie Helios, créée en 1999, est la seule compagnie privée chypriote. Cette compagnie à bas coût possède quatre Boeing 737 et assure des liaisons notamment avec Londres, Athènes, Sofia, Dublin, Strasbourg et Varsovie. En novembre 2004, Helios a été rachetée pour 4 millions de dollars par le tour operator Libra Holidays Group, qui possède également des hôtels.
"Une panne de pressurisation ne peut expliquer un accident" |
"Une panne de pressurisation ne peut pas faire tomber un avion. Il est impossible que suite à une perte de pressurisation, l'avion ne soit pas récupérable", a déclaré François Grangier, expert enquête-accidents et pilote de ligne. "Une perte de pressurisation, c'est simplement une perte des capacités pour les passagers à respirer sans aide additionnelle et pour cela, on prévoit des masques à oxygène dont la chute est automatique dès que l'altitude de la cabine dépasse une certaine valeur", a-t-il poursuivi. "La pressurisation seule n'explique pas une perte de contrôle de l'avion à moins qu'il y ait un dommage de structure, c'est-à-dire par exemple un hublot qui se décroche, ce qui amène une dépressurisation, du froid immédiat dans l'avion, auquel cas l'avion chute", a indiqué de son côté Gérard Feldzer, autre expert aéronautique. "S'il y a eu dépressurisation explosive, il peut y avoir perte de contrôle de l'appareil à cause d'un hublot qui heurte un aileron ou la queue arrière", a-t-il précisé. "L'avion devait être sans pilote, en pilotage automatique --ce que semblent avoir constaté les pilotes des F16-- sinon je ne vois pas comment une pressurisation peut amener à l'accident", a-t-il ajouté. |
(PHOTO AFP LOUISA GOULIAMAKI)
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