Les dernières minutes du MD-82

le 29 août 2005 à 10h54 , mis à jour le 29 août 2005 à 20h54

L'enregistrement de l'une des boîtes noires du MD-82 a été reproduit par le quotidien vénézuélien El Nacional. Il retrace les dernières minutes de l'avion avant le crash.

venezuela_crash_sauveteur

Le transcript décrit les échanges entre la tour de contrôle de l'aéroport vénézuélien de Maiquetia et le pilote colombien du MD-82 de la West Caribbean, Omar Espina, dans les minutes qui précèdent la catastrophe.

La conversation avec la tour de contrôle de Maiquetia dure 13 minutes. Elle commence à 02h51 heure locale. A ce moment, le pilote ne fait état d'aucun problème et demande l'autorisation de traverser l'espace aérien du Venezuela. Six minutes plus tard, le pilote demande l'autorisation de descendre à 31.000 pieds et la tour de contrôle la lui donne. A 02h59, le pilote, sans s'identifier, annonce une nouvelle descente à 29.000 pieds.

- "Qui appelle la tour de contrôle ?", demande le contrôleur aérien vénézuélien. Le pilote vient d'annoncer subitement, sans s'identifier, une descente brutale de son appareil.
- "708, je descends à 24.000 pieds".
- "Je comprends, vous descendez vers 24.000 pieds. Avez-vous un problème avec l'avion ?".
- "Oui, les deux réacteurs éteints".
- "Confirmez".
- "Flame out, sur les deux réacteurs. Eteints".
- "Confirmé, compris. Descendez comme vous voulez, capitaine".

Le pilote demande alors des indications sur la localisation des aéroports les plus proches. La tour de contrôle demande ensuite si l'avion a atteint l'altitude de 24.000 pieds, et le pilote répond qu'il est déjà à 14.000 pieds.
-"Nous n'avons pas de contrôle sur l'avion", s'écrie le pilote.

Alors que la catastrophe paraît inévitable, vers 03h00 heure locale (07h00 GMT), la tour de contrôle demande au pilote d'indiquer le nombre des passagers.
- "152 âmes à bord. L'avion est incontrôlable".
- "Compris. 152 personnes à bord. (...) La transmission est très mauvaise. Donnez votre altitude actuelle. (...) 708, Maiquetia (...) 708, Maiquetia", insiste le contrôleur.

Trois minutes plus tard, le MD-82 s'écrase près de Machiques, dans le nord-ouest du Venezuela. A aucun moment le mot "urgence" n'a été prononcé.

L'avion a pris feu après le crash

L'avion de la compagnie colombienne West Caribbean a pris feu et l'incendie a duré 20 minutes. C'est ce qu'a indiqué à l'AFP le chef de la protection civile vénézuélienne, Antonio Rivero. Alors que des médias français s'étaient étonnés que certains corps et objets n'aient pas été entièrement consumés par les flammes, M. Rivero a souligné qu'il pleuvait au moment du crash et que l'appareil était tombé dans une rivière et une zone marécageuse. Selon M. Rivero, l'incendie a sans doute touché "l'aile gauche" parce que les corps des personnes situées à proximité ont été retrouvés totalement calcinés.

(photo d'archives : débris de l'avion)

le 29 août 2005 à 10:54
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22 Commentaires

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  • Clombe, le 31/08/2005 à 02h28

    Très angoissée et triste devant cette catastrophe avec des proches c'est inadmissible j'èspère que les controles seront plus sévères et plus rapprochés afin d'éviter à l'avenir des catastrophes de ce genre monsieur les élus arrétez de courir après des mandats et mettez en place des nouveaux procédés afin que plus jamais celà ne se reproduise

  • Balayn, le 31/08/2005 à 01h28

    -1ere chose à savoir, est-il normal de demander l'autorisation pour traverser le venezuela? si non, c'est que le pilote pressent déjà un problème mais qui doit etre gérable vu qu'on va voir qu'en 8 minutes (depuis 2h51) il est toujours entre 29 et 31 000 pieds.( peut-etre at-il perdu un moteur et n'a pas d'inquetude particuliere vu qu'il arrive à gérer -ensuite, son souhait de descendre à 31000 pieds est-il "habituel" lors d'un vol ou non? . si non, c'est que 6 minutes apres il est relativement calme et pense maitriser son engin. tout le reste se passe entre 2h59 et 3h00 soit 1 minute, au début j'ai l'impression qu'il croit toujours maitriser l'avion puisqu'il veut passer de 31000 à 29000 pied seulement, ensuite il se rend compte qu'il ne contrôle pas ou plus l'appareil (il le dit: déscente brutale).(peut-etre vient -il de perdre l'autre moteur mais, sans moteur, se dit qu'en 5000 pieds il pourra replacer l'avion en vol plané !!. autant au premier moteur il n'a peut-etre pas jugé nécessaire de lancer un "mayday", autant au 2 eme moteur il avait autre chose à faire) après,inutile de rentrer dans des "mayday" inutiles, il répond simplement aux questions de la tour !!! tout en essayant de redresser son avion ce qu'il pense encore possible puisqu'il demande les aeroports les plus proches!! toujours dans cette meme minute il annonce les 14000 pieds puis incontrolable.jusqu'a ce moment il reagit il me semble comme vous avez dit : même sans les 2 moteurs il est normalement possible de faire planer cet avion un minimum. (j'ai vraiment le sentiment qu'il y avait un autre soucis sur cet avion, comme s'il navait plus de contrôle depuis longtemps mais qu'il s'en rendait pas compte parcequ'il déscendait volontairement au début ???) d'ou une autre question, une chute brutale peut-elle briser une gouverne ou autre appendice fragile ??? autre question, les reacteurs etant pres de la queue, un probleme moteur peut-il endommager l'enpennage ???

  • Sebastien, le 30/08/2005 à 15h55

    Je réitère ce que j'ai dit, si dans ce reportage, tous les dialogues sont présentés, alors il y a un gros problème de communication entre la tour et l'avion. De plus, un MD, Airbus ou Boeing peut planer pendant plusieurs centaines de kilomères réacteurs éteints. Les vols transatlantiques vers les Antilles survolent les Açores uniquement pour s'assurer une piste d'attérissage sur pret de 1000km en cas de problèmes. Aucun intérêt de faire se détour sinon. Etre à 14000 pieds alors que la tour attend 24000 aurait pu motiver les pilotes à informer la tour des problemes de l'avion (surtout qu'ils indiquent le nombre de passagers qu'ils ont appris par coeur avant le décollage). Puis descendre les derniers 14000 pieds en 3 minutes me parait énorme dans des conditions d'une simple panne des deux réacteurs. Bref, les pilotes ont surement fait tout ce qu'ils pouvaient, mais une simple panne isolée des réacteurs n'aboutit généralement pas à ce genre de catastrophe et de panique auprès des pilotes.

  • Kevin, le 30/08/2005 à 14h14

    William, il ne s?agit pas de critiquer ou d?accuser le pilote mais d?essayer de comprendre ce qui s?est passé. C?est d?ailleurs l?objectif des enquêteurs qui cherchent à établir avant tout les faits et non pas à assigner des responsabilités. Comme je l?ai dit au début et à la fin de mon précédant commentaire « seule l?enquête le dira ». En conséquence j?abonde dans ton sens il me semble, non ? Quant aux procédures que j?ai évoquées elles concernent la formation de base de chaque pilote. La qualité relative de la formation telle que tu le mentionne n?a rien à voir avec ceci. Ce dont je parle est beaucoup plus fondamental. Je m?étonne donc que, selon l?article, celles?ci n?aient pas été respectées. Je n?ai pas d?aise ou de facilité particulière à parler de ce sujet. Je me contente d?expliquer en peu de mots certaines choses pertinentes qui m?ont été enseignées lors de ma formation de pilote privé. Quant à l?accident du vol 261 ce n?était pas l?appareil qui était non fiable mais plutôt la pièce mal entretenue (mauvaise lubrification) du stabilisateur horizontal qui a fini par se rompre dû à son usure prématurée causant la chute incontrôlable de l?avion. L?équipage s?était d?ailleurs comporté de manière exemplaire. Contrairement à ce que tu suggères rien dans l?article ne laisse sous entendre que les pilote de la West Carribean paniquait lors des derniers instant du vol. Il est d?ailleurs très rare de voir des pilotes professionnels paniquer. Ceux-ci sont soumis à un stress extrême dû aux événements qui se précipitent et à la charge énorme de travail qui s?abat soudainement sur eux. Ils appliquent donc les procédures pour lesquelles ils ont été tout spécialement formés, procédures qui sont mises en place justement pour les aider dans leur tâche.

  • Williams, le 30/08/2005 à 09h59

    Que ce soit pour Guy ou Kevin, je rejoins pour ma part entièrement Pascal. Je vous trouve bien à l'aise pour commenter les conditions d'un crash. Oh qu'il est facile de nous faire un commentaire sur les procédures d'urgences en vol autour d'un petit verre de café. Par contre, je suis sûr que pour reprendre le contrôle d'un MD 80 sans moteur à 24 000 pieds y'aura moins de volontaires. Oui il y a des procédures. Certes la qualification du pilote n'était pas aussi poussée que celle des cdts de bord chez Air France (qui soit dit en passant décident d'atterrir sur des pistes sous conditions climatiques déplorables avec des A340, et là personne ne dit rien ....). Mais bon c'est bien le syndrôme typique Franco Français du "chez nous ça peut pas arriver, on a tout prévu". Juste pour rappel, en lieu et place de faire de tels commentaires sur les capacités du Cdt à contrôler son taux de descente, je vous invite tout naturellement à attendre les résultats de l'enquête du BEA. Je me souviens que de tels propos avaient pu être tenus lors du crash du vol 261 d'Alaska Airlines en 2000 (un MD 83 ....). Ce dernier avait perdu 17 000 pieds en moins de 3 minutes, et les compétences de l'équipage avait était remis en cause. Il n'en reste pas moins que l'enquête du NTSB a révélé le manque de fiabilité de l'appareil. La gouverne de profondeur avait tout simplement cassé suite à mauvais filetage des vis en assurant le fonctionnement. Et si tout simplement la cause était la même, celà expliquerait fort bien pourquoi le cdt affirme, en état de panique, qu'il n'a plus le contrôle sur l'appareil. Alors de là à le critiquer sur ses capacités à maintenir un taux de descente optimal..... A bon entendeur salut, et laisser bosser le BEA.

  • Fred, le 30/08/2005 à 09h15

    Une pane moteur se gere facilement, meme lorsqu'il s'agit des deux. Tout pilote y est formé. Une des hypotheses serait un feu non eteint dans une des nacelles... car la il y a bien urgence a se poser.

  • Olivier, le 30/08/2005 à 09h01

    A Philippe, Boston. L'avion tombe vite peut etre justement parcequ'il decroche. D'ou la perte de controle. De toute facon les boites noires diront si sa maneuvre etait bonne ou non. Autre chose: le capitaine aurait du immediatement annoncer la panne des moteurs pour obtenir du controleur un aeroport dans les environs le plus vite possible et alerter les secours. Pourquoi annoncer 31000 puis 29000 puis 24000? Le pilote ne dit qu'il a un probleme que lorsque le controleur le lui demande. Ce que je ne comprend pas, c'est qu'il soit suffisament stressé pour ne pas annoncer la panne mais qu'il prenne le temps de dire au controleur qu'il change de palier. A-t-il vraiment admit qu'ils etaient en train de tomber? Dans ce genre de circonstance il arrive souvent qu'on refuse d'accepter la realité. Une autre hypothese serait qu'il n'aurait perdu qu'un reacteur au debut, et le second au moment ou il l'annonce. Ca expliquerait en partie son attitude.

  • Philippe, le 29/08/2005 à 19h48

    A Olivier, Paris je resume, 29000 a 14000 Pieds en environ une minute c'est plutot rapide comme decente ?? et puis un MD 82 ca plane assez mal... alors avant de taper sur la tete du pilote faites donc le calcul !!!! pour ce qui est du decrochage, faites aussi le calcul, decrochage en decendant de 15000 pieds en si peu de temps c'est plutot improbable non, par contre la survitesse est probable... phil

  • Guy, le 29/08/2005 à 19h45

    A Pascal de Paris : cela n'a rien de morbide et indécent. Il est au contraire nécessaire d'analyser en détail les causes des accidents d'hier pour en éviter d'autres demain. S'il s'avère grâce à cela que cette compagnie aérienne laisse les commandes de ses appareils à des pilotes qui n'ont pas suffisamment de métier, cela peut sauver la vie d'autres personnes dans le futur. Pour ma part, je garde le sentiment que ce pilote aurait pu mieux faire. Si en août 2001 le pilote d'un A330 a réussi à faire planer son appareil pendant 18mn avant de le faire atterrir aux Açores dans l'une des pistes les plus dangereuses de la planète, pourquoi celui-ci n'a même pas réussi à maintenir son avion plus de 10mn en l'air ?

  • Pascal, le 29/08/2005 à 17h10

    A Sébastien de Paris : au lieu de parler du professionnalisme du pilote, tu ferais mieux de respecter sa mémoire. Avant le "pro", il y'a un etre humain, et faire de l'analyse technique post mortem est morbide et indécent.

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