Désaccord international sur le nucléaire iranien

le 10 août 2005 à 15h18 , mis à jour le 11 août 2005 à 09h20

Incapable de trouver un compromis sur une résolution, l'AIEA a annulé sa réunion de mercredi sur les suites à donner à la reprise des activités nucléaires de Téhéran. Pendant ce temps, les scellés de l'usine d'Ispahan ont été levés, permettant ainsi à la centrale de fonctionner à pleine capacité.

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Deux jours après la reprise de ses activités nucléaires sensibles, l'Iran a brisé, avec l'accord de l'AIEA, les scellés installés sur l'usine de conversion d'uranium d'Ispahan. La centrale est donc désormais totalement fonctionnelle.

Cet acte attendu, mais lourd de signification, risque de compliquer encore la tâche des 35 membres du Conseil des gouverneurs l'Agence onusienne, qui ne sont pas parvenus à s'entendre sur une résolution. Après une réunion d'urgence mardi pour décider des suites à donner à la reprise de la conversion d'uranium, l'organe exécutif de l'AIEA a annulé celle prévue mercredi. Il devrait normalement siéger à nouveau jeudi, le temps pour les diplomates de mener d'intenses pourparlers pour résoudre leurs différends.

Non-Alignés contre Occidentaux

Pour les Occidentaux, rendus suspicieux par dix-huit années de dissimulations iraniennes, laisser les Iraniens convertir et enrichir l'uranium représente un risque de prolifération. Ces activités produisent certes le combustible pour les centrales civiles, mais peuvent être détournées à des fins militaires, craignent-ils.

A l'opposé, les pays non-alignés, dont l'Iran fait partie, insistent sur le fait que Téhéran, qui proclame son droit légal à produire de l'uranium enrichi à des fins civiles -donc à convertir-, n'est pas une infraction au regard du Traité de non-prolifération (TNP). Ils ne veulent donc pas d'une résolution formelle, préférant une simple déclaration de la présidence, dont le caractère est moins fort.

Corée : rapprochement sud-nord

Camouflet pour les Etats-Unis : Séoul considère que son voisin nord-coréen a un "droit fondamental" à poursuivre "un programme nucléaire pacifique". Le ministre chargé de l'Unification, auteur de la déclaration jeudi matin, a toutefois admis que sans le feu vert des Américains, il serait impossible à Pyongyang de mener à bien son projet de construction de réacteurs à eau légère pour produire de l'énergie. Washington s'oppose à l'utilisation de tels réacteurs, qui peuvent être détournés à des fins militaires (d'après AFP).

Photo d'ouverture : Cyrus Nasseri, le représentant de l'Iran à la réunion de l'AIEA - DR

le 10 août 2005 à 15:18
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