Lundi soir à Nicosie, des Chypriotes rendent hommage en allumant des bougies aux victimes du vol 552 d'Helios © DRChypre a entamé lundi un deuil de trois jours au lendemain du crash d'un Boeing de la compagnie privée Helios en Grèce, tragédie inédite dans l'île méditerranéenne, qui a fait 110 tués chypriotes sur les 121, dont la plus jeune avait 4 ans. En ce jour férié et en pleine saison touristique, les drapeaux étaient en berne, abaissés à mi-mât sur les bâtiments officiels. Dans un rare contact entre frères ennemis, divisés depuis 1974, les autorités turques chypriotes du nord ont même appelé leurs homologues du sud pour leur présenter leurs condoléances.
Un peu partout dans la partie de l'île dévote, la foule se pressait dans les églises orthodoxes pour brûler des cierges en souvenir des disparus. Des familles entières ont été anéanties dans l'accident. Quinze enfants de moins de dix ans figurent au nombre des victimes. Les seules victimes non chypriotes de la catastrophe aérienne sont le pilote allemand et dix passagers grecs, selon une liste révélée par le ministre chypriote de la Communication, Haris Thrassou. Quant à la presse chypriote, elle arborait des Unes intégralement noires, témoignant du choc ressenti dans ce pays de moins d'un million d'habitants, où la dernière catastrophe aérienne remonte à 1967, avec le crash d'un vol Londres-Nicosie en mer Egée qui avait fait une soixantaine de tués.
"Plusieurs incidents ont affecté les vols d'Helios"
Une centaine de proches des victimes ont été acheminés par avion spécial en Grèce pour procéder à la reconnaissance des corps, dont la plupart sont calcinés et méconnaissables, selon les responsables grecs. La compagnie de charter Helios, dont le vol 552 Larnaca-Prague s'est écrasé dimanche au nord-est d'Athènes pour une raison encore indéterminée, était pour sa part confrontée à la suspicion et à la colère des médias et du public. Cependant, son président, Andreas Drakou, a été obligé de démentir dans la journée l'information du ministère chypriote de l'Information annonçant la suspension de ses opérations. "La compagnie n'a pas arrêté ses vols", a assuré Andreas Drakou à la presse, après des informations de presse sur une "mini mutinerie" des équipages qui avaient refusé le matin d'embarquer.
Lundi matin en effet, les pilotes et personnels de cabine, choqués par le drame, avaient refusé de monter dans leur appareil à Larnaca, principal aéroport de l'île. Selon des sources aéroportuaires, un vol à destination de Sofia est resté bloqué plusieurs heures et la télévision locale Sigma a cité un passager d'un vol Helios pour l'île grecque de Kos, également bloqué à Larnaca. Sigma a évoqué une "mini mutinerie" du personnel d'Helios, précisant qu'il était difficile de discerner entre le traumatisme psychologique et les craintes fondées sur la sécurité des appareils. "Au cours des seules deux dernières années, plusieurs incidents ont affecté les vols (d'Helios) et contraint à des atterrissages d'urgence", assurait le Cyprus Mail.
Photo d'ouverture : lundi soir à Nicosie, des Chypriotes rendent hommage, en allumant des bougies, aux victimes du vol 552 d'Helios - DR
Retour MYTF1
Chargement en cours...





