
Un mois après la première vague d'attentats contre la capitale, la police britannique continue ses coups de filet dans la mouvance islamiste installée dans le pays. Jeudi matin, plusieurs opérations ont ainsi été menées simultanément, notamment à Londres, Leicester et Luton. Sans lien selon le ministère de l'Intérieur avec les enquêtes sur les attaques des 7 et 21 juillet, elles visaient néanmoins dix islamistes étrangers menaçant, selon les autorités, la "sécurité nationale". Ils sont désormais suspectibles d'être expulsés à tout moment.
Parmi les personnes interpellées figure notamment Abou Qatada. Jusqu'à alors placé en résidence surveillée à Londres, il est considéré à la fois comme le chef spirituel d'Al Qaïda en Europe et comme la tête pensante du "Londonistan". Palestinien d'origine jordanienne, Abou Qatada, 44 ans, avait déjà été arrêté en octobre 2002. Détenu pendant plus de deux ans à la prison londonienne de haute sécurité de Belmarsh, il avait été libéré le 11 mars dernier avant d'être assigné en résidence surveillée. Vendredi matin, le ministre jordanien de l'Intérieur disait s'attendre à ce que l'islamiste soit extradé vers la Jordanie la semaine prochaine.
Bakri interpellé au Liban
Omar Bakri, 46 ans, d'origine syrienne et de nationalité libanaise, a quant à lui été interpellé à Beyrouth. Il avait quitté le Royaume-Uni pour le Liban de son propre fait, le week-end dernier, officiellement pour des vacances. Selon l'explication fournie par les services de sécurité, il doit être entendu sur les raisons de sa présence -il n'avait rencontré aucun problème à son arrivée. La procédure judiciaire autorise à le détenir au maximum 72 heures avant que des charges soient retenues contre lui.
Dans une interview réalisée avant son interpellation, le prédicateur islamiste controversé a condamné la "mort des innocents" et nié tout lien avec Al-Qaïda. "Je n'ai pas de position à l'égard de cette organisation, ni positive ni négative", a-t-il affirmé dans une interview accordée à la chaîne libanaise Future Television. Omar Bakri, qui s'est déclaré "victime d'une campagne médiatique sioniste", a affirmé être libanais de naissance, son père, d'origine syrienne, ayant acquis la nationalité libanaise en 1965, avant sa naissance. Son interpellation est intervenue au lendemain d'entretiens de l'ambassadeur du Royaume-Uni avec les ministres libanais de la Justice et des Affaires étrangères. Vendredi, les autorités britanniques l'ont interdit de séjour sur leur sol.
Le "Londonistan" définitivement démantelé
Avec ces nouveaux développements, les trois leaders du "Londonistan" sont désormais derrière les barreaux ou hors du territoire britannique. Abou Hamza al-Masri, l'ancien imam de la mosquée salafiste londonienne de Finsbury Park, est en effet incarcéré à Belmarsh depuis le mois de mai. Ce Britannique d'origine égyptienne est poursuivi pour 16 chefs d'inculpation dont l'incitation à la haine raciale, incitation au meurtre et terrorisme.
(photo : Omar Bakri, le 5 août dernier)
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