© INTERNELa justice égyptienne a libéré le numéro deux des Frères musulmans, à quelques jours de l'élection présidentielle à laquelle la confrérie a appelé ses nombreux partisans à participer mais à ne pas élire Hosni Moubarak. Mahmoud Ezzat, 64 ans, a été relâché samedi, au terme de trois mois de détention. Le procureur général de la Haute cour de sécurité de l'Etat a décidé également la libération de huit autres membres de la confrérie, interdite mais tolérée.
Première force d'opposition
A la question de savoir si cette libération était liée au scrutin du 7 septembre, un responsable des Frères musulmans a affirmé: "Qu'elle le soit ou pas, cela est l'affaire des autorités. Nous, nous en tenons toujours à notre position". Les Frères musulmans, considérés comme la première force d'opposition du pays (17 députés "indépendants" sur 454), ont demandé le 21 août à leurs partisans de prendre part à l'élection mais de ne pas voter pour le chef de l'Etat, Hosni Moubarak.
Leur chef, Mohammed Mehdi Akef, a réaffirmé cette position en estimant que le "programme électoral (de M. Moubarak) ne parle que du passé et de ses réalisations". "Il est impossible que nous donnions nos votes à Moubarak, notamment à cause (du maintien) de l'Etat d'urgence", en place depuis 1981, a-t-il dit.
Officiellement interdite
Mahmoud Ezzat, surnommé par ses partisans "l'homme de fer" du mouvement, a été capturé le 22 mai, lors d'une vaste campagne d'arrestations dans les rangs de la confrérie, qui s'était soldée par des centaines d'interpellations.
Officiellement interdite depuis 1954, la confrérie, qui revendique deux millions de membres et le soutien de trois autres millions de personnes à l'échelle nationale, n'a pas présenté de candidat pour ce premier scrutin présidentiel pluraliste. Le gouvernement tolère certaines de ses activités mais arrête régulièrement ses membres.
Professeur de médecine à la Faculté de Zagazig (nord), Mahmoud Ezzat est le secrétaire général du "Bureau d'orientation", la plus haute instance politique des Frères musulmans, dirigée par Mohammed Mehdi Akef. Il avait purgé neuf ans de prison sous le régime de Gamal Abel Nasser et trois autres sous le président Anouar Sadate, avant sa condamnation en 1995 par un tribunal militaire pour "atteinte à la sreté de l'Etat".
Retour MYTF1
Chargement en cours...




