
Vendredi, au 3e jour de l'opération, Tsahal a entamé l'évacuation de la colonie de Gadid, l'une des quatre dernières implantations de Gaza encore occupée par six familles et 200 opposants venus pour l'occasion.
Les forces de l'ordre sont entrées dans le village sans rencontrer de résistance. Mais elles ont été assaillies à coups de tuiles, d'oeufs et d'ampoules remplies de peinture par quelques adolescents réfugiés sur des toits. Les militaires et les policiers ont également été insultés aux cris de "nazis". Ils ont ensuite entrepris de déloger environ 90 personnes retranchées dans la synagogue de la colonie., les traînant hors du lieu de culte vers les autobus
L'évacuation, qui marquera une pause, dès vendredi soir, pour le shabbat, pourrait être achevée mardi ou mercredi prochains, selon l'état-major. Il restera à évacuer à compter de dimanche Atsmona, Katif et Netzarim, soit 250 familles.
Plus de 70 blessés jeudi
Jeudi, les forces de l'ordre israéliennes avaient déjà délogé des centaines d'irréductibles retranchés dans les synagogues de Kfar Darom et Neve Dekalim, deux bastions de l'opposition au retrait. 75 personnes y ont été blessées, dont 31 membres des forces de l'ordre.
En fin d'après-midi à Kfar Darom, après des tentatives de négociations infructueuses avec les colons retranchés sur le toit de la synagogue, les forces de l'ordre ont lancé l'assaut. A l'aide de canons à eau, les policiers, casqués et armés de boucliers, ont affrontés les dizaines de personnes sur le toit, fortifié à l'aide de fils barbelés, qui ont répondu par des jets de peinture, d'œufs et de white-spirit . A l'intérieur de la synagogue de Kfar Darom, des dizaines de jeunes femmes, certaines avec des bébés et des enfants étaient traînées pour être évacuées par des policiers qui avaient pénétré dans la colonie à l'aube.
Sortis un par un de la synagogue
Par centaines, les forces de l'ordre, femmes et hommes séparés, sont aussi entrées en force en milieu d'après-midi dans la synagogue de Neve Dekalim, principale colonie de ce territoire, dont les accès avaient été enduits d'huile par les jeunes gens pour les rendre impraticables. Les soldats ont alors procédé dans la confusion à l'évacuation des lieux en portant à bout de bras les quelque 2000 réfractaires (dont des militants hostiles au retrait venus de l'extérieur de la colonie), couchés à terre et enveloppés dans leur châle de prière, qui s'y étaient retranchés et les ont accueillis en leur jetant des bouteilles d'eau. Plus d'un millier de personnes avaient déjà été évacuées mercredi de Neve Dekalim, qui abrite au total 2500 colons.
Craintes de nouveaux attentats
Depuis le coup d'envoi de l'opération lundi, 7 des 21 colonies ont été déclarées officiellement évacuées, 5 autres sont déjà vides mais pas encore déclarées comme telles, et l'évacuation de 5 autres est en cours ou en voie d'achèvement. L'armée a commencé jeudi soir à démolir des maisons de colons vides, comme à Kerem Atzmona, une petite implantation dont tous les habitants avaient été évacués mercredi. Des responsables de l'armée et de la police ont indiqué que 70% des quelque 8.000 colons de la bande de Gaza avaient déjà été évacués.
Malgré l'avancée rapide de l'opération, les autorités israéliennes ont affirmé craindre de nouveaux attentats au lendemain de la mort de quatre ouvriers palestiniens, tués mercredi par un colon en Cisjordanie. Ce dernier a expliqué à la presse ne "rien regretter" de son geste et souhaité "aussi que quelqu'un assassinera Sharon". Une centaine de colons juifs de l'implantation de Sanour (promise au démantèlement) dans le nord de la Cisjordanie, ont ainsi attaqué jeudi une station-service et une maison palestiniennes dans la région.
Photo d'ouverture : l'évacuation de la synagogue de Neve Dekalim - DR
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