
Le gouvernement grec avait annoncé dès dimanche un jour de deuil national, après l'accident d'un Boeing 737 chypriote qui a fait 121 morts près d'Athènes. Ce mardi, les drapeaux étaient en berne sur les bâtiments officiels grecs et les fonctionnaires ont été appelés à respecter trois minutes de silence à midi. La télévision publique Net et certaines radios privées ont marqué une pause dans leur programmation en mémoire des victimes. A la même heure sur les lieux de l'accident, une quinzaine de membres des familles des victimes assistait à une cérémonie religieuse avant de déposer des fleurs au pied de la queue presque intacte de l'avion sur le lieu-dit Varnava, proche de la commune de Grammatiko, au nord-est d'Athènes.
Les corps de 23 des victimes devaient être rapatriés mardi soir à Chypre, d'où étaient originaires 110 des 121 personnes qui ont péri. Le ministre grec de l'Intérieur, Prokopis Pavlopoulos, avait avancé lundi que la plupart des victimes étaient probablement déjà mortes d'asphyxie avant que l'avion ne s'écrase au sol, une thèse également soutenue par les autorités chypriotes. Mais les 25 premières victimes autopsiées, dont le copilote, "étaient toutes vivantes au moment du crash", a déclaré mardi le responsable de l'équipe des médecins légistes, Philippos Koutsaftis. "Cela n'exclut aucune thèse" sur les circonstances de l'accident, alors que l'enquête s'est concentrée sur des problèmes d'alimentation en air susceptibles d'avoir causé l'asphyxie des pilotes, et cela, notamment, "ne signifie pas qu'ils n'étaient pas évanouis, mais ils étaient vivants", a noté Philippos Koutsaftis. Vingt autres corps devaient encore être autopsiés d'ici mardi soir, selon lui.
L'avion avait déjà eu un problème de pressurisation
Parmi les victimes déjà autopsiées figurent, outre le copilote, une hôtesse de l'air. Leurs deux corps ont été retrouvés à proximité de la carcasse de la cabine de pilotage. "C'étaient les deux seuls corps si près du nez de l'appareil, les autres étaient plus loin à l'arrière", a-t-il ajouté. Plus tôt, une source haut placée du ministère grec de la Défense avait affirmé qu'une hôtesse avait été retrouvée "dans le cockpit". Selon toute vraisemblance, l'hôtesse serait l'une des deux personnes que les pilotes de deux F-16 grecs envoyés à la rencontre de l'appareil avaient aperçu juste avant le crash en train d'essayer d'en prendre le contrôle, changeant de direction après qu'il eut tourné pendant plus d'une heure au dessus de l'île de Kéa. Quant au pilote allemand, que les pilotes des F-16 n'avaient pas vu dans le cockpit, il figure parmi les trois disparus, 118 corps seulement ayant été retrouvés.
Une source gouvernementale grecque a déclaré que la chute de l'avion avait été "probablement" due à un manque de carburant de l'appareil. Helios a reconnu mardi dans un communiqué que l'avion sinistré avait connu un problème de pressurisation avant la catastrophe et qu'il avait dû de ce fait effectuer un atterrissage forcé alors qu'il se rendait de Varsovie à Larnaca, à une date qui n'a pas été précisée. Mais la Direction générale de l'aviation civile française (DGAC) a indiqué qu'Helios avait subi trois contrôles inopinés en Europe depuis début 2005, au cours desquels rien d'anormal n'avait été détecté.
Photo d'ouverture : débris de l'appareil d'Helios - DR
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