
Les enquêteurs ont identifié la dépouille du stewart chypriote Andreas Prodromou, âgé de 25 ans, dont du sang avait été découvert sur le manche du pilotage du Boeing 737 chypriote qui s'est écrasé près d'Athènes, a indiqué mardi un responsable de la police. A ce jour, un total de 55 corps ont été identifiés, et selon ce responsable, "les analyses se poursuivent pour l'identification des autres corps méconnaissables". Mais aucune précision sur le lieu où a été découvert le corps du stewart - à proximité ou non du poste de pilotage.
Par ailleurs, selon le compte-rendu des investigations de la commission d'enquête sur le crash, fait lundi, une semaine après le drame qui a coûté la vie à 121 personnes, l'avion de la compagnie chypriote s'est écrasé quand les réacteurs ont cessé de fonctionner. Et ils ont sans doute cessé de fonctionner en raison de l'épuisement du carburant. L'appareil a volé presque deux fois plus longtemps que les 90 minutes prévues entre Larnaca et Athènes. A priori, donc, personne n'a précipité l'appareil vers le sol. Toutefois, il existe une preuve que "pendant les dix dernières minutes, un individu portant un masque à oxygène a essayé d'envoyer à deux reprises un message de détresse". Hélas, "techniquement aucune station ne pouvait les entendre", a expliqué Akrivos Tsolakis, chef de la commission d'enquête sur le crash. "Le ton de sa voix montre que c'était un homme surmené et épuisé", a-t-il ajouté.
Pourquoi les pilotes ont-ils perdu le contrôle ?
Les enquêteurs cherchent à savoir "si l'appareil de communication est resté branché sur la fréquence de Nicosie", jusqu'au dernier moment, a précisé le responsable. Répondre à cette question permettrait d'établir à partir de quel moment les événements ont mal tourné dans le cockpit, car en principe les pilotes auraient dû changer de fréquence après avoir quitté l'espace aérien chypriote. La question principale reste sans réponse : pourquoi les pilotes ont-ils perdu le contrôle de l'aéronef ?
Dans le même rapport, l'enquêteur en chef explique qu'il "existe des indices de l'existence d'une anomalie technique dans le système de pressurisation de l'avion". D'après lui, une telle défaillance "a eu une conséquence sur la situation physique des passagers et de l'équipage". Selon plusieurs experts, un manque de pressurisation ne suffit pas, seul, à expliquer le crash. En principe, pilotes et passagers peuvent faire face au manque d'oxygène grâce à des réserves de secours.
Questions en suspens
Pour établir la chaîne des défaillances qui ont mené au drame, les enquêteurs attendent encore les rapports toxicologiques complets des médecins légistes, le rapport sur les conversations dans la cabine de pilotage, les éléments concernant l'entretien de l'avion, l'équipage, le personnel technique.
Le Sunday Mail a révélé dimanche que les autorités chypriotes cherchaient à déterminer si Helios Airways méritait l'octroi de sa licence de transport aérien. Un quotidien chypriote a rapporté que l'Organisation internationale de l'aviation civile (OIAC), un organisme international chargé de la sécurité du transport aérien, avait désapprouvé la décision du précédent gouvernement chypriote de fournir une licence à Helios en 1999.
| Des Français refusent d'embarquer sur un MD-82 |
Cent cinquante quatre passagers français d'un vol charter de la compagnie grecque Alexandair ont refusé d'embarquer à Heraklion en Crète (sud) sur un McDonnell Douglas MD-82 craignant pour leur sécurité, a-t-on appris auprès de l'un d'eux. "Nous ne voulons pas embarquer sur cet appareil qui a d faire un atterrissage forcé la semaine dernière à Milan", a indiqué à l'AFP David Serero, un des passagers du vol AXN 143, joint par téléphone. "Nous n'avons pas confiance en cette compagnie qui a été créée en janvier dernier avec deux appareils, et puis le pilote est très jeune, 21 ans, avec seulement 1.000 heures de vol", a-t-il affirmé. |
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