
Ni intoxication au monoxyde de carbone, ni mort par le froid. Les autopsies des 118 corps retrouvés dans la carcasse du Boeing chypriote d'Helios ont mis à mal deux des hypothèses envisagées pour tenter d'expliquer la cause de ce crash à quelques kilomètres d'Athènes le 14 août. Dimanche, les médecins légistes ont conclu que les victimes étaient vivantes au moment où l'avion s'est écrasé. Les médias grecs croyaient savoir que les passagers étaient morts de froid à la suite d'un problème de climatisation. Inconscients, peut-être ; morts, non.
L'autre hypothèse étaient qu'ils avaient été tués par un gaz toxique dû à une surchauffe dans le cockpit. Il n'en est sans doute rien non plus. Le commandant de bord avait signalé à sa compagnie, peu après le décollage de Chypre, un problème de "climatisation du compartiment électronique". Les experts pensaient que cela pouvait avoir provoqué des émanations mortelles. Mais l'examen du corps du copilote n'a pas révélé la présence de monoxyde de carbone dans son sang. Rien, pour l'instant, ne permet d'expliquer pourquoi les pilotes des F16 ont aperçu le co-pilote plié en deux dans le cockpit, peu avant l'impact au sol.
Du sang du steward
L'identification des victimes s'annonce laborieuse. Les restes de trois corps doivent encore être retrouvés sur les lieux de l'accident. Un feu de broussailles, déclenché par le crash, a carbonisé les dépouilles des passagers, les rendant méconnaissables pour la plupart. Impossible jusqu'à présent d'identifier le corps du pilote allemand du 737.
Beaucoup des questions en suspens ont peut-être trouvé réponse à l'écoute des enregistrements contenus dans la seconde boîte noire du Boeing chypriote, retrouvée vendredi. Les bandes ont été décryptées dans la nuit de vendredi à samedi à Paris par les experts français du Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile. Mais le BEA laisse aux autorités grecques le soin d'en révéler – ou pas – le contenu.
Peut-être ont-elles déjà permis aux enquêteurs de déterminer qui étaient les silhouettes aperçues dans le cockpit par les pilotes de F16 de l'armée grecque ? L'annonce samedi par la police que des traces de sang d'un steward ont été retrouvées dans la cabine de pilotage a semblé corroborer l'hypothèse d'une tentative d'atterrissage in extremis par d'autres personnes que le pilote et son co-pilote. Le steward, selon la police, avait un brevet de pilote pour petits appareils. A ce jour, les raisons de ce drame restent à élucider.
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