Irak : dernière ligne droite pour la Constitution

Par , le 15 août 2005 à 07h00 , mis à jour le 15 août 2005 à 09h09

Le texte doit être présenté lundi au Parlement irakien mais, dimanche soir, les leaders irakiens étaient toujours à la recherche d'un compromis de nature à satisfaire les demandes divergentes des différents groupes ethniques et religieux du pays.

Irak négociateurs constitution samedi 13/08/05

Les leaders irakiens étaient toujours à la recherche lundi matin d'un compromis sur une Constitution de nature à  satisfaire les demandes divergentes des différents groupes ethniques et  religieux du pays. L'ambassadeur américain, Zalmay Khalilzad, partie prenante des débats, avait reconnu dimanche soir que les Etats-Unis n'espèraient plus un accord avant lundi. Plusieurs points de désaccord persistent, la partie sunnite refusant fermement de cosigner le texte en l'état. La constitution provisoire en viueur stipule que le projet soit remis au Parlement au plus tard lundi, pour être approuvé par un référendum à la mi-octobre. A défaut, l'Assemblée serait dissoute et de nouvelles élections organisées.

"Nous n'accepterons pas le fédéralisme (...) Cette question est pour nous une ligne à ne pas franchir car elle touche à l'unité de l'Irak et nous ne ferons pas de compromis", a déclaré le négociateur sunnite Saleh al-Motlak. Les sunnites, minoritaires mais qui dominaient le pays du temps de Saddam Hussein, souhaitent un gouvernement central fort qui puissent leur assurer la sécurité et, du point de vue économique, conserve le contrôle des gisements de pétrole concentrés en zones kurde et chiite.

Or, la majorité chiite milite préconise la création d'une région chiite autonome dans le sud. Quant aux Kurdes, ils veulent que soit consacrée par écrit l'autonomie dont ils jouissent de fait dans le nord. Samedi, le porte-parole du président Talabani (kurde) avait assuré qu'"il y a un courant favorable à la décentralisation, à l'octroi de pouvoirs étendus aux provinces et à une garantie quant au caractère particulier de la région kurde". Visiblement ce courant ne s'étend pas aux sunnites.

Des Américains impliqués

Le fédéralisme n'est pas la seule pierre d'achoppement. Les relations entre religion et Etat restent au centre des débats. Les chiites militent pour l'application de la loi islamique, la charia, sur tout le territoire. La répartition des richesses est elle aussi source de divisions : les Kurdes en revendiquent 35% tandis que les chiites préféreraient une distribution entre les provinces selon leur poids démographique. Plusieurs négociateurs ont laissé entendre que la constitution resterait vague sur plusieurs de ces aspects, laissant le soin aux parlementaires d'en discuter ultérieurement. Mais il ne semblait plus du tout évident dimanche matin que les sunnites accepteraient cet artifice.

L'ambassadeur américain continuait dimanche de prendre activement part au processus. Zalmay Khalilzad, d'origine afghane, a déjà présidé à l'accouchement du nouvel Etat afghan après la chute du régime taliban. Selon le Washington Post, les Etats-Unis ont soumis aux Irakiens un projet détaillé de constitution. "Nous aidons les Irakiens à réussir. La création d'une constitution démocratique est une étape critique sur la voie de l'autonomie irakienne", a déclaré samedi le président américain George Bush.

Les droits des femmes préservés

Le fait que l'islam redevienne la religion officielle de l'Irak, alors que l'ancien régime de Saddam Hussein avait mis sur pied un état séculaire, ne signifie pas que les droits des femmes sont menacés, a assuré dimanche à Londres l'ambassadeur irakien au Royaume-Uni, Salah al Shaikhy. "Cette constitution garantira chacun des droits de l'Homme accordés aux  hommes et aux femmes, afin qu'il y ait une réelle égalité", a-t-il insisté. Shaikhy a souligné que son pays avait "la proportion la plus importante de femmes dans un parlement, pas seulement dans la région, au Moyen-Orient, mais dans le monde entier". "33% des députés sont des femmes, et je ne pense pas que les femmes irakiennes se laisseraient priver de leurs droits", a-t-il conclu. D'après AFP

(Image LCI : les négociateurs, samedi)

Par David Straus le 15 août 2005 à 07:00
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5 Commentaires

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  • ., le 14/08/2005 à 16h16

    Le 14/08/2005 à 13h05 A Jean de Paris. je vous informe l'Iran est une république islamique, pourant il n'en est rien de ce que vous prétendez connaître de la loi islamique. De plus cette loi protège plus la femme et mieux encore avec dignité que n'importe quelle loi. Saz, Lyon Oui la femme a des droits "de se taire" est-ce que dans la loi islamique la femme est l'égale de l'homme , j'ai des doutes !

  • Vastre, le 14/08/2005 à 15h01

    C'est très étrange de voir les USA patronner une négociation entre les sunnites qu'is ont viré du pouvoir et les chiites qu'ils ne veulent pas voir prendre le pouvoir (motif : les chiites ont le pouvoir en Iran). Un échec ou une réussite de ces négociations sera un peu l'échec ou la réussite de GW Bush.

  • Roucoucou, le 14/08/2005 à 13h31

    A Jean (????) c'est pas sincère ce que tu écris on sent que tu souhaite que cela arrive aux femmes la charia...Tu n'as pas bien lu l'article...Dis toi bien que les chiites religieux veulent la charia....Dans ce gouvernement il y a des femmes...Je pense que tu confonds avec l'iran et c'est vrai que ce n'est pas que les femmes qui vont charger mais les jeunes hommes et femmes qui veulent la démocratie en iran..Nous allons assister à des exécutions sommaires et déjà pour les homos cela se fait....On les pends....Puis on s'en prendra aux minorités car cela ne peut pas se défendre..Un pays de terreur est un pays foutu dans l'avenir...

  • Saz, le 14/08/2005 à 13h05

    A Jean de Paris. je vous informe l'Iran est une république islamique, pourant il n'en est rien de ce que vous prétendez connaître de la loi islamique. De plus cette loi protège plus la femme et mieux encore avec dignité que n'importe quelle loi.

  • Jean, le 14/08/2005 à 11h15

    Application de la loi islamique (charia)...Bon courage pour les femmes qui vont etre encore plus dominées par les hommes: maltraitances,executions en place publique,lapidations des femmes (comme en afganistan du temps des taliban qui appliquaient cette loi). Sans compter qu'au tribunal la voix d'un homme vaut celle de deux femmes...Pauvre Irak !

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