
Des dizaines de personnes ont sans doute trouvé la mort dans le sillage du cyclone Katrina qui a ravagé le sud profond des Etats-Unis. Au moins 80 personnes ont probablement perdu la vie dans le seul comté d'Harrison, sur la côte du Mississippi, a dit mardi le gouverneur de l'Etat, Haley Barbour, en soulignant qu'il se référait à des informations encore non confirmées. Pour le moment, les autorités n'ont encore pu confirmer que la mort de 54 personnes dont 30 à Biloxi, la seconde ville du comté après Gulfport, qui ont péri lorsque leur immeuble s'est effondré. Mais les craintes sont vives car les dégâts sont "tout simplement énormes", selon le gouverneur. Maisons et casinos sont détruits, l'autoroute submergée, et plusieurs ponts reliant les villes de la côte ont été emportés. "C'est notre tsunami à nous", a dit le maire de Biloxi, A.J. Holloway. "Nous en sommes toujours au stade des recherches et des secours d'urgence", a-t-il ajouté, notant qu'un bilan, en nombre de vies comme en termes de dégâts, ne serait possible que dans plusieurs jours.
Katrina a également provoqué de gros dégâts à La Nouvelle-Orléans (Louisiane) toujours submergée. Aucun bilan précis sur le nombre de victimes n'était disponible et la ville était quasiment coupée du monde mardi, les réseaux de communications étant toujours très perturbés. Selon la gouverneure de la Louisiane, Kathleen Blanco, les sauveteurs ont pu jusqu'ici sauver 700 sinistrés. Mais les eaux continuaient de monter mardi dans la cité, dont 80% des rues étaient déjà inondées. Une des digues protégeant la ville du lac Pontchartrain a cédé sur environ 60 mètres.
Katrina pèse sur le cours du brut
Des centaines de sauveteurs venus de tous les Etats-Unis affluaient mardi vers les régions dévastées par Katrina, l'un des plus terribles cyclones qu'ait connu le pays depuis cent ans, mais leur tâche était rendue difficile par des routes inondées et encombrés de débris. Depuis lundi, sans interruption, des pompiers à bord de bateaux et des hélicoptères des gardes-côtes ont recueilli des personnes qui, par centaines, se sont réfugiées sur les toits ou dans les greniers que les secouristes défoncent parfois à coup de pioche pour faciliter le passage. L'Alabama a aussi été frappée par Katrina qui a été rétrogradée lundi soir en tempête tropicale en pénétrant à l'intérieur du pays mais le Centre national des ouragans a averti qu'elle n'en restait pas moins dangereuse en raison de vents forts et de pluies torrentielles.
Sur le plan matériel, Katrina risque d'être l'un des plus chers de l'Histoire pour les assureurs aux Etats-Unis et ses dégâts seront sans doute lourds de conséquence pour l'économie. Le cyclone va coûter de 15 à 20 milliards de dollars au total aux assureurs, a estimé mardi le numéro un mondial de la réassurance, l'allemand Munich Ré. Cela en ferait le cyclone le plus coteux depuis le passage d'Andrew en 1992 sur la Floride qui avait laissé une ardoise dépassant 30 milliards de dollars. Par ailleurs, les craintes de dégâts contre les installations pétrolières du Golfe du Mexique ont relancé les cours du baril de pétrole brut qui ont enregistré un nouveau record historique mardi à New York à 70,85 dollars.
Face à l'ampleur des dégâts, George W. Bush va écourter ses vacances et rentrer à Washington mercredi pour coordonner les efforts des secours. Les dons commencent à affluer des autres Etats pour venir en aide aux régions dévastées, la Croix-Rouge américaine étant en première ligne pour venir au secours des sinistrés.
Photo d'ouverture : image des dégâts près de la Nouvelle-Orléans - DR
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