© afpLaurence Menet, enseignante française, habite à La Nouvelle-Orléans depuis un peu plus d'an. Elle travaille au CODOFIL (council of development of french in Louisiana), situé à Lafayette. Il s'agit d'un programme de développement du Francais dans les écoles américaines. Elle témoigne.
"En fin de semaine dernière, j'ai regardé les chaînes locales pour suivre l'évolution de l'ouragan. Nous pouvions suivre son déplacement avec des émissions spéciales intitulées 'Hurricane'.
Dans un premier temps, l'évacuation de La Nouvelle-Orléans s'est faite sur le volontariat. La mairie a ensuite annoncé son 'mandatory evacuation' (évacuation obligatoire) samedi. Dimanche matin, nous avons donc pris la route en catastrophe dès 7 heures avec des collègues français, en emportant le strict minimum. Tout le monde partait vers l'ouest et le nord. Nous nous sommes ainsi dirigés vers Houston, au Texas, où nous avions réservé un hôtel par Internet. Mais nous sommes arrivés trop tard car dans ces cas-là, les premiers arrivés sont les premiers servis. Nous nous sommes donc réfugiés chez une collègue belge qui habite à Lake Charles, à la frontière avec le Texas, une zone épargnée par Katrina. Au total, nous avons roulé près de huit heures.
"Revenir le plus vite possible"
Depuis, nous suivons avec angoisse l'évolution de la trajectoire de Katrina sur Internet et sur les chaînes locales. C'est ainsi que nous avons appris que des vents violents et des pluies importantes s'étaient abattus sur La Nouvelle-Orléans, endommageant jusqu'au toit du Superdome. Nous nous demandons quand nous pourrons rentrer et nous nous préparons à constater les dégâts, qui ont l'air nombreux -rues inondées, arbres arrachés, fissures… Les premières images montrent que Downtown, Uptown, Charles Avenue et Carrolton, le coin où je suis installée, ont été frappés.
On espère revenir le plus vite possible sur La Nouvelle-Orléans pour se rendre compte des dégâts et voir si la vie peut reprendre assez rapidement. Je pense notamment à toutes les familles américaines qui ont tout perdu, leur maison, leur vie. Moi-même, je me prépare au pire, je suis en train de me dire que j'ai également peut-être tout perdu. On envisage un retour en France s'il n'y a plus rien. Nous n'avons non plus aucune nouvelle des élèves depuis l'arrivée de l'ouragan".
(photo afp : dégâts à La Nouvelle-Orléans)
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