
Les colons avaient jusqu’à mardi soir minuit pour quitter les colonies de la bande de Gaza. Après quoi, ils devaient être évacués de force dès mercredi matin par les militaires et policiers israéliens. L'armée estimait mardi en fin d'après-midi à plus de 50% le nombre des colons à avoir quitté la région de leur plein gré. Et elle annonçait déjà l'évacuation sans incident de la première des vingt et une colonies de la bande de Gaza, celle de Dougit, dont les soixante habitants ont choisi de partir volontairement. Au final, sur les vingt et une implantations de la région appelées à être évacuées en vertu du plan de désengagement, seules six étaient déterminées à résister - parmi lesquelle Neve Dekalim, la "capitale" des colons de la bande de Gaza, où des heurts avaient déjà eu lieu entre l'armée et les plus extrémistes au cours de la journée.
Des centaines de soldats et de policiers israéliens ont pénétré dès mardi soir dans cette colonie, dont l'évacuation imminente a été annoncée par un commandant de l'armée. Les forces de l'ordre sont rentrées par le portail principal - qu'elles avaient dû scier plus tôt dans la journée, les colons s'étant enfermés - sans rencontrer de résistance. Selon un porte-parole militaire, leur but était dans un premier temps de "prêter assistance aux résidents souhaitant partir durant la nuit". Les soldats ont commencé à faire du porte à porte pour demander aux colons de partir volontairement avant minuit. Des centaines de jeunes militants venus s'opposer à l'évacuation de la colonie se sont pour leur part retranchés dans trois synagogues voisines les unes des autres.
Dans une autre colonie de la bande de Gaza, Shirat Hayam, au bord de mer, les colons attendaient de pied ferme les forces de l'ordre qui devaient les évacuer. Ils avaient creusé une tranchée et déployé des fils de fer barbelés et des blocs de pierres à l'entrée de l'implantation.
Le Hamas fête le retrait israélien
En prévision de l'évacuation forcée des colons, l'armée a annoncé avoir achevé mardi à l'aube son déploiement afin de prévenir d'éventuelles attaques palestiniennes lors de cette opération. A cet égard, le chef des renseignements militaires israéliens Aaron Zeevi Farkash a indiqué mardi que "l'Autorité palestinienne fait de gros efforts pour préserver le calme pendant le retrait" israélien de la bande de Gaza, selon la radio. "Il y aura un délai de quatre semaines, un mois, après l'évacuation pendant lequel nous ne permettrons pas aux Palestiniens de rentrer" dans les colonies, a pour sa part indiqué le ministre israélien de la Défense Shaoul Mofaz.
Côté palestinien, des milliers de sympathisants du Hamas ont participé à une manifestation à Khan Younès dans le sud de la bande de Gaza pour fêter le retrait israélien. Des combattants de la branche armée du Hamas, en tenue militaire, ont participé à la manifestation, portant des maquettes de roquettes artisanales, des bannières vertes, couleurs du mouvement radical, ainsi que des drapeaux palestiniens.
France 3 est toujours sans nouvelle de son preneur de son, enlevé dimanche à Gaza. La direction de la chaîne et le Quai d'Orsay ont réclamé sa libération. "Nous ne tolérons pas ces actes anarchiques commis par certains. Les ravisseurs recevront le châtiment le plus sévère et nous les poursuivrons où qu'ils soient", a pour sa part déclaré le président de l'autorité palestinienne Mahmoud Abbas. "Nous n'avons pas de nouvelles de lui et ne connaissons toujours pas l'identité des auteurs de ce rapt qui n'a pas été revendiqué", a reconnu un porte-parole des services de sécurité palestiniens. "Les services de sécurité poursuivent les recherches", a-t-il ajouté. Mohamed Ouathi a été enlevé dimanche soir par des hommes armés à Gaza. L'homme a été enlevé près de l'hôtel dans lequel il réside par trois hommes armés qui l'ont contraint à monter à bord de leur voiture pour l'emmener vers une destination inconnue, ont précisé les sources. Le rapt a eu lieu peu avant le coup d'envoi du retrait israélien de la bande de Gaza après 38 ans d'occupation, un évènement historique couvert par des milliers de journalistes venus du monde entier. |
Photo : un policier forçant l'entrée de la colonie de Neve Dekalim mardi matin (DR)
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