
Les négociations se sont poursuivies tout au long de la journée de lundi. Alors que les heures passaient et que l'heure fatidique approchait, l'ouverture de la réunion était reportée, à deux reprises. Finalement, le Parlement irakien s'est réuni, à une demi heure du délai fixé pour la remise du texte de la Constitution irakienne. Mais il n'y avait plus de suspense : l'ambassadeur américain en Irak avait déjà déclaré que le projet n'était pas prêt. Au cours d'une réunion d'une demi-heure à peine, le Parlement irakien a donc voté un amendement à la Loi fondamentale pour prolonger d'une semaine, du 15 au 22 août, la date limite pour la remise à ses membres de la Constitution permanente. Le président du Parlement Hajem al-Hassani a annoncé le résultat du vote à mains levées et son annonce a été accueillie par une salve d'applaudissements.
Les leaders politiques ont besoin "d'une semaine à dix jours encore pour parvenir à un accord", a estimé l'ambassadeur des Etats-Unis en Irak, Zalmay Khalilzadqui, qui était présent à la session du Parlement. Le président du Parlement a également reconnu que les groupes politiques n'étaient pas parvenus à un compromis. "En dépit de nos efforts, nous n'avons pas réussi à atteindre un accord qui satisfasse tout le monde", a déclaré Hajem al-Hassani devant les parlementaires. "Nous avons déployé de grands efforts et nous avons atteint un accord sur des questions importantes, mais ce texte décisif a besoin de temps", a déclaré de son côté le président Jalal Talabani, un Kurde.
Les principaux points de litige
Les groupes politiques ont négocié jusqu'à la dernière minute le texte. Quatorze des dix-huit points de litige ont été résolus jusqu'à présent, selon le député et membre du Comité de rédaction Mounzer al-Fazzal, mais aucun consensus n'a pu être trouvé sur des questions épineuses, notamment celle du fédéralisme et de la place de l'islam dans l'Etat. Les deux groupes majoritaires au Parlement, kurde et chiite, sont d'accord sur la question du fédéralisme, à savoir que l'Irak soit constitué de zones autonomes à l'instar de la région kurde qui dispose de son propre gouvernement local et de son Parlement. Mais les sunnites rejettent un Irak fédéral de crainte de se voir cantonnés dans le centre sec et aride du pays, alors que les chiites obtiendraient comme ils le désirent l'autonomie dans le sud riche en pétrole.
Les avis divergent aussi sur le mode de répartition des richesses, en particulier des recettes pétrolières dans ce pays qui détient les deuxièmes réserves mondiales, entre le gouvernement et les régions en dépit d'un accord de principe. Les Kurdes continuent à en revendiquer 35%, alors que les chiites préconisent une distribution entre les provinces selon leur poids démographique. Concernant enfin la question religieuse, l'Alliance unifiée irakienne (chiite), majoritaire au Parlement, exige que l'islam soit la seule source de la législation. Les laïcs et les kurdes veulent pour leur part faire de l'islam l'une des sources de la législation même si l'islam serait considéré comme la religion d'Etat.
Photo d'ouverture : les groupes politiques irakiens réunis lors des discussions sur la Constitution - DR
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