
Les parents de Charlotte, une fillette britannique de 22 mois profondément handicapée, ont perdu jeudi une nouvelle bataille judiciaire pour que leur fille soit maintenue en vie coûte que coûte. La cour d'appel de Londres a reconnu le droit aux médecins de ne pas s'acharner pour la sauver si sa santé se détériorait. Depuis sa naissance, elle a déjà fait trois arrêts respiratoires, et selon les médecins, elle est condamnée à plus ou moins brève échéance.
La petite fille, prématurée de 14 semaines qui mesurait 13 centimètres et pesait 450 grammes à la naissance, n'a jamais quitté l'hôpital. Elle passe la majeure partie de son temps dans un caisson d'oxygène, et n'en sort que lorsque ses parents la prennent dans leurs bras. Les médecins estiment qu'en cas de nouvel arrêt respiratoire, réanimer Charlotte, qui souffre de graves malformations rénales, respiratoires et cérébrales, serait "vain et peut-être inhumain" car cela ne ferait que prolonger ses souffrances.
Dossier sensible
Se pliant à l'avis des médecins, le 7 octobre 2004, le juge Mark Hedley, de la Haute cour de Londres, avait déjà autorisé l'hôpital de Portsmouth à ne pas s'acharner en cas de quatrième arrêt respiratoire. Les parents, Darren et Debbie Wyatt, souhaitaient que le juge Hedley reviennent sur son jugement et obligent les médecins à soutenir Charlotte en cas de défaillance. Un jugement qu'il avait pourtant confirmé une première fois le 28 janvier, puis le 20 avril dernier.
Preuve du côté sensible de ce dossier, les pédiatres venus témoigner à plusieurs reprises devant la justice britannique ont toujours déposé à la barre sous le sceau de l'anonymat. De crainte de devenir la cible de militants extrémistes. De fait, la situation est très tendue entre les parents de Charlotte et les médecins. "Si le gars là haut dit qu'une personne doit vivre, c'est qu'elle doit vivre", avait insisté Darren Wyatt, un fervent chrétien déclarant croire aux miracles. Une vision dénoncée par les médecins, selon qui l'existence de Charlotte, "pratiquement aveugle et qui ne réagit pas aux sons", ne serait qu'une "souffrance continue". Jusqu'à ce dossier, seuls deux cas analogues s'étaient présentés devant la justice. A chaque fois les médecins ont eu gain de cause.
Photo, d'ouverture : Charlotte bercée par sa mère, près de sa couveuse - DR
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