© AFP PHOTO/HENGHAMEH FAHIMIEnviron 300 étudiants islamistes ont bombardé dimanche l'ambassade du Royaume Uni à Téhéran de pierres et de tomates pour dénoncer l'opposition britannique aux activités nucléaires ultra-sensibles de la République islamique. "Mort à l'Angleterre, mort à l'Allemagne, mort à la France, mort aux Etats-Unis, mort à Israël", ont scandé les manifestants membres des milices islamistes d'universités de Téhéran et de province. Plus tôt dans la journée, les autorités iraniennes avaient prévenu les Etats-Unis qu'elles répliqueraient avec force à une éventuelle attaque américaine, et averti les Européens que le passage à une nouvelle phase dans la production d'armes nucléaires dépendait de leur attitude.
Avec l'Allemagne et la France, la Grande-Bretagne négocie depuis novembre avec l'Iran pour obtenir les garanties que la République islamique ne fabrique pas l'arme nucléaire. Les Européens avait convaincu l'Iran en novembre de suspendre toutes ses activités relatives à la conversion et à l'enrichissement d'uranium. Mais, après l'élection d'Ahmadinejad, l'Iran a redémarré son usine de conversion d'Ispahan. Après avoir fait voter une résolution de l'Agence internationale de l'énergie atomique pressant Téhéran de revenir à une suspension totale, les Européens ont menacé les Iraniens d'en référer au Conseil de sécurité des Nations unies.
Accusations en série
La reprise de la conversion "n'est pas négociable", a déclaré le porte-parole des Affaires étrangères, Hamid Reza Assefi. Quant à une reprise de l'enrichissement d'uranium proprement dit, dont la conversion est le préalable, "le régime n'est pas encore parvenu à un consensus", a-t-il déclaré. "Mais l'attitude et les agissements des Européens dans les prochains jours seront déterminants", a-t-il dit. La menace que l'Iran soit traîné devant le Conseil de sécurité de l'ONU "ne nous inquiète pas, ce n'est pas important", a-t-il lancé, assurant de la volonté iranienne de poursuivre les négociations avec les Européens, "mais sans conditions de la part de l'UE".
Par ailleurs, l'Iran a accusé ouvertement les Etats-Unis et la Grande-Bretagne d'être les instigateurs des récents troubles dans les régions frontalières avec l'Irak à fortes communautés arabe au sud-ouest et kurde au nord-ouest. "D'après nos informations, les Anglais sont intervenus dans les troubles au Khouzistan, certains des agitateurs ont été entraînés dans des bases sous contrôle britannique en Irak", a-t-il assuré. Les provinces du Khouzistan, à forte communauté arabe, et celles du Kurdistan et de l'Azerbaïdjan occidental, ont été secouées au cours des derniers mois, notamment avant l'élection présidentielle, par des troubles qui ont fait plusieurs morts.
| Des durs à l'intérieur, des modérés à l'international |
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a soumis dimanche au parlement la liste de son gouvernement, dans lequel les ultras aux postes "politiques" et les conservateurs modérés aux ministères stratégiques se partagent les tâches. Son gouvernement ne fait appel à aucune femme. Il a une moyenne d'âge de 48 ans, et très peu de ses membres ont une expérience ministérielle. Ahmadinejad a proposé pour le ministère du Pétrole un quasi-inconnu, présenté comme un pragmatique. Un autre conservateur modéré, Manouchehr Mottaki, a été présenté pour succéder aux Affaires étrangères à Kamal Kharazi. Pour les postes intérieurs, il s'en est à l'évidence remis à des durs. Un ancien vice-ministre des Renseignements, le religieux Mostafa Pour-Mohammadi, est proposé pour l'Intérieur. Le parlement a une semaine pour examiner la liste des 21 ministres avant de voter la confiance à chacun d'eux. |
(AFP PHOTO/HENGHAMEH FAHIMI)
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