
Le conseil des gouverneurs, l'exécutif de l'AIEA, doit se réunir à nouveau cet après-midi pour examiner la reprise par l'Iran d'activités nucléaires très sensibles. Mardi, une première réunion d'urgence s'est tenue à Vienne, à la demande des Européens, avant d'être ajournée, faute de consensus parmi ses 35 membres. Mohamed ElBaradei, le directeur de l'AIEA, a souhaité que l'Iran en revienne à la "suspension volontaire" des activités liées à l'enrichissement de l'uranium, décidée en novembre 2004 en accord avec l'UE, afin de rétablir "la confiance". Il a invité toutes les parties à "la plus grande retenue". La Russie a aussi conseillé à Téhéran d'arrêter "immédiatement" la conversion d'uranium.
Il n'est pas question pour le moment d'une saisine du Conseil de sécurité des Nations unies en vue de sanctions internationales, comme l'ont longtemps souhaité les Américains. George W. Bush a certes rappelé mardi que le recours aux Nations unies restait une option dans la crise avec l'Iran, mais il a précisé que les Iraniens avaient laissé entendre qu'ils étaient prêts à une reprise des négociations. Les ponts ne sont donc pas rompus ont indiqué chacun de leur côté les Européens (l'UE3 ou Allemagne, Grande-Bretagne et France) et les Iraniens, mais sur des bases différentes.
Pas de "conditions préalables"
"Nous tendons encore la main", il est "encore possible de négocier", a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy à Biarritz (France). L'Iran, soulignant son droit à développer du nucléaire pacifique d'après le Traité de non-prolifération (TNP), a rejeté les propositions de coopération nucléaire, commerciale et politique soumises par l'UE-3 vendredi, parce qu'elles excluent ce droit. Le nouveau président ultra-conservateur Mahmoud Ahmadinejad les a qualifiées mardi d'"insulte au peuple iranien". Les Occidentaux, échaudés par 18 ans de dissimulations nucléaires iraniennes, craignent que l'uranium enrichi, dont la conversion est une étape, ne soit détourné vers l'arme nucléaire bien que Téhéran proclame son refus du nucléaire militaire.
L'Iran accepte de poursuivre des pourparlers "de bonne foi" sur le nucléaire avec l'UE "s'il n'y a pas de conditions préalables", à savoir pas de limitation sur la production du combustible nucléaire, a déclaré à Vienne le négociateur iranien Cyrus Nasseri. Les scellés posés par l'AIEA sur l'usine iranienne de conversion nucléaire d'Ispahan, dans le centre de l'Iran, devraient pouvoir être levés d'ici à mercredi midi, a déclaré un responsable iranien. Mais les scellés ne seront brisés que "par les Iraniens eux-mêmes en présence des inspecteurs".
Photo d'ouverture : Cyrus Nasseri, le représentant de l'Iran à la réunion de l'AIEA - DR
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