Paris-Toronto : l'atterrissage était normal

le 04 août 2005 à 18h35 , mis à jour le 04 août 2005 à 21h52

Les premières constatations des enquêteurs n'ont pas permis de relever d'anomalies dans la procédure d'atterrissage de l'Airbus A-340 sorti de la piste mardi à Toronto. Auparavant, la France et le Canada se sont rejetées les responsabilités de l'accident.

lciToronto (Canada), 2 août – Alors que plusieurs accidents d'avion meurtriers ont eu lieu les jours précédents, un Airbus A340 d'Air France rate son atterrissage à l'aéroport Pearson en raison des mauvaises conditions météo. Miraculeusement, aucune victime n'est à déplorer parmi les 309 passagers et membres d'équipage. Ce crash d'une compagnie sûre fait enfler la polémique sur la sécurité aérienne. DR © lci

Se basant sur les premières constatations de son équipe, le chef des enquêteurs a expliqué jeudi que la procédure d'atterrissage de l'A340 accidenté mardi à Toronto s'était déroulée normalement. C'est une fois posé que l'appareil a quitté la piste et a pris feu.  "Il ne semble pas qu'il y ait eu quoi que ce soit d'anormal en ce qui concerne la condition et la sécurité de l'appareil au moment où il approchait de la terre" a souligné Réal Levasseur, ajoutant que l'équipage n'avait signalé aucune urgence. Mais il a admis que si tout avait fonctionné comme prévu, l'avion n'aurait pas terminé sa course dans un fossé.

Les enquêteurs ont aussi établi que 3 des 4 inverseurs de poussée, un des éléments permettant à un avion de freiner, fonctionnaient normalement, le quatrième étant trop endommagé pour pouvoir porter un jugement. "Cela veut dire que les membres de l'équipage faisaient ce qu'ils étaient censés faire pour ralentir l'avion après l'atterrissage".

L'attention des enquêteurs se tourne maintenant vers les autres pièces de l'avion. "L'équipe est en train d'enlever les morceaux de l'avion qui nous intéressent spécifiquement, les équipements du train d'atterissage, les morceaux du nez et de la roue avant", a conclu Réal  Levasseur, qui a précisé que les moteurs étaient en bon état malgré les dommages subis par le feu.

Polémique

Le nez de l'Airbus

Auparavant, le Canada et Air France se sont rejetés la responsabilité de la décision de faire atterrir l'avion d'Air France. "La seule personne qui prend la décision d'atterrir c'est le pilote, c'est le commandant. Et par conséquent lui seul a la responsabilité totale de cette décision-là", a assuré le ministre canadien des Transports Jean Lapierre. "Il n'y a pas de recommandation quant au fait qu'on doit faire atterrir un avion",a-t-il ajouté.

De son côté le Pdg d'Air France, Jean-Cyril Spinetta, arrivé mercredi à Toronto, a paru mettre en cause la responsabilité des autorités aéroportuaires en faisant valoir que celles-ci avaient jugé "difficile mais possible" un atterrissage sur l'aéroport Lester B. Pearson, alors que l'avion avait assez de carburant pour se poser ailleurs".

Retour en France des premiers passagers

Les premiers passagers du vol AF 358 sont rentrés jeudi dans la journée à Paris. "Le retour des passagers qui n'avaient pas pour but final Toronto était organisé par la compagnie au coup par coup selon leur souhait", a précisé une porte-parole d'Air France. Mardi le vol AF358 avait quitté la piste et pris feu après son atterrissage alors qu'un orage sévissait sur Toronto. Ses 309 passagers et membres d'équipage, évacués en moins de deux minutes, ont tous survécu à l'accident, qui a fait 43 blessés. Quatorze d'entre eux étaient toujours hospitalisés mercredi en fin de journée, dont le commandant de bord de l'appareil. Selon Air France, ce dernier était toujours hospitalisé jeudi soir, mais "il va mieux". Jean-Cyril Spinetta qui a d'autre part indiqué que les passagers recevraient un "dédommagement complet des dommages matériels, moraux et physiques", qu'ils ont subis.

le 04 août 2005 à 18:35
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

10 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • FREDERIC, le 05/08/2005 à 13h03

    Rassurez vous personne n'a rien a reprocher aux pilotes .... c'est une histoire d'assurance.... 297 morts auraient couté moins cher.!!!

  • Steph, le 05/08/2005 à 13h00

    J aimerais dire a tous les intervenants des precedents articles qui donnaient leur explication sur l accident que les jugements hatifs de personnes qui n y connaissent rien sont bon pour les journeaux a cancan. Laissez faire les enqueteurs, laissez les boites noires parler, et par pitie arretez de vous rendre ridicules

  • Bilongo78, le 05/08/2005 à 12h23

    Ok, il n'y a heureusement que des blessés. A quoi cela sert il d'en parler autant?

  • Ben, le 05/08/2005 à 11h57

    Le pilote est seul responsable de la décision de se poser ou non. Il est difficilement compréhensible qu'il ait décidé de se poser vu les conditions météo exceptionnelles, alors qu'il avait suffisamment de carburant pour dérouter... Dieu merci il n'y a pas eu de pertes (humaines je sous entend, j'ai trouvé M. Spinetta un peu "froid" dans son discours, peut être que le montant des dégats materiels causés par l'excès de confiance d'un pilote a du mal à passer).

  • Philippe, le 05/08/2005 à 11h43

    Le vent peut changer de direction rapidement en cas d'orage.Les pistes 33 ne sont normalement pas utilisées à Toronto d'après un collègue canadien.Le contrôleur propose une piste et seul le commandant qui connait les performances de son appareil prend la décision finale d'atterrir.Arrêtons d'essayer d'accuser les contrôleurs.Au vu des règlements internationaux,c'est très clair ,les contrôleurs ne pourront pas être responsables.Les propos de Monsieur Spinetta cherche à induire le public en erreur pour masquer une éventuelle défaillance technique ou humaine d'Air France ou Airbus.Que chacun assume ses responsabilités.

  • Anita, le 05/08/2005 à 10h50

    Bravo au pilote et à l'equipage pr avoir éviter une véritable catastrophe!!! En ce qui concerne la bataille de chiffonniers, il me semble que les autorités canadiennes ne prennent pas leur responsabilité et je trouve ça honteux!!!!

  • ATC, le 05/08/2005 à 10h44

    Concernant la remarque d'alain non dénué d'interet mais malheureusement fausse.Vu le vent qui soufflait au moment du drame, la piste 33R aurait peut etre été plus appropriée. Malheureusement, la visibilité et le plafon etaient tres mauvais...Et la piste 33R ne dispose pas d'aide a l'atterrissage par mauvaise visi, seulement une approche NDB avec des minimas trop restrictifs par ce temps tres mauvais. Seul la piste 24L possede un ILS. Voila pourquoi le controleur n'a pas proposé la piste la plus longue, ce qui aurait été encore bcp plus dangereux: faire une approche à vue dans ces conditions ou une approche NDB, cela aucun pilote du monde ne l'aurait accepté. Merci de me publier.

  • Autreaux, le 05/08/2005 à 08h55

    Je trouve dommage qu'il y ait autant de polémiques sur l'attterrissage de cet avion malgré les conditions atmosphériques , je trouve que l'on devrait rendre hommage au contraire au commandant de bord et au personnel navigant pour leur sang froid.

  • Marcel, le 05/08/2005 à 07h13

    Cette histoire de responsabilité n'est en fait qu'une affaire de gros sous.

  • ALAIN WINICKI, le 05/08/2005 à 05h39

    En ma qualite de pilote prive, je suis etonne que par conditions meteo extremes, sur piste detrempee, un controleur ait oriente le pilote de l'airbus 340 sur la piste la plus courte (24L de 9000 ft), par plein vent travers , alors qu'il disposait de la plus longue (33R de 11050 ft dans l'axe du vent). Il serait interessant d'entendre le controleur sur cette erreur d'une extreme gravite.

Lire tous les commentaires

      logAudience